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September 29 LA DEMOCRATIE DANS LE SYSTEME POLITIQUE DE LODJOUKROU, une alternative africaine antimoderne à la démocratie occidentale?Résumé de la CommunicationNous pensons que la démocratie occidentale a échoué comme modèle unique de la démocratie à cause de l'échec même de la modernité (individualisme, rationalité, subjectivisme...) et aussi à cause de l'échec de toutes nos politiques africaines. Notre contribution à ce colloque "Démocratie, culture et développement à l'ère postcoloniale" s'inscrira dans l'axe: La démocratie: un concept universel, une problématique plurielle. La démocratie dans le système politique de Lodjoukrou est une démocratie africaine, d'une société lignagère à classes d'âge du Sud de la Côte d'Ivoire. Elle prendra comme (paradigme) modèle la société grecque antique et se présentera comme antimoderne. Pourrait-elle alors être une alternative à la démocratie moderne? Mots clefs: Démocratie, africain, politique, antimoderne, modernité, alternative INTRODUCTIONPar définition, la démocratie appartient à la typologie des régimes politiques et désigne le régime politique dans lequel la souveraineté appartient au peuple. Elle apparaît comme un rempart contre l’arbitraire et l’autorité et est opposée au réactionnaire. Elle est en outre un effort perpétuel des gouvernés contre les abus du pouvoir. Cette définition pose problème en ce sens que la démocratie que nous connaissons aujourd’hui, est le fruit d’une longue et lente évolution qui est partie de la démocratie antique. Nous y reviendrons. Car notre thèse est la suivante : pour bien comprendre les difficultés de la démocratie moderne et contemporaine, il nous faut repartir à l’antiquité, à l’origine. Ainsi, notre plan comprendra deux parties : la première, les difficultés que connaît la démocratie moderne et contemporaine. La seconde, un retour à la démocratie antique, par le biais du système politique de Lodjoukrou. · LES DIFFICULTES DE LA DEMOCRATIE MODERNE ET CONTEMPORAINE AUJOURD’HUICe n’est pas la première fois que les hommes d’Eglise organisent des colloques sur la démocratie en Afrique. Les Assises Théologiques de l’UCAO, lors des années académiques 1992-1993, puis 1993-1994, ont, par deux fois, planché sur la question de la démocratie. Le premier colloque a été soutenu par la conférence magistrale du professeur Joseph Ki-Zerbo, sur « La démocratie en Afrique, sa place et son avenir sur le continent. » Vous trouvé l’intégralité de son texte dans la publication susmentionnée[1]. Cette réflexion a été poursuivie l’année suivante, par le professeur René Degny Ségui, sur « les expériences actuelles de la démocratie en Afrique ». Sa conférence et le débat enrichissant qui l’a suivi, ont fait l’objet d’une publication que nous mentionnons en bas de page[2]. Les développements récents de l’actualité dans le monde ont montré que partout la démocratie a du mal à éclore véritablement : l’expérience russe qui intervient militairement en Georgie, pour citer un exemple européen, et le partage du pouvoir au Zimbabwe entre l’opposition et Mugabé, sans oublier le coup d’Etat en Mauritanie sont là pour le prouver. Je préfère m’étendre davantage sur la Côte d’Ivoire qui en ce jour du 20 Septembre 2008, célèbre ses 6 années consécutives de sa belle petite guerre qui a vu une accalmie notable avec les accords de Ouagadougou. Si la tentative de Coup d’Etat est blâmable et est un acte anti-démocratique, la perte de la souveraineté de la Côte d’Ivoire qui est passée sous mandat onusien ne l’est pas moins. Cette deuxième situation demande un petit commentaire. En effet, j’ai lu, pour la préparation de cette conférence, un texte de Guy Hermet, intitulé « Gouvernance sans doute, mais pas contre l’Etat démocratique »[3] qui montre comment la Côte d’Ivoire et à travers elle, tous nos pays africains portent des habits neufs ou souvent trop rapiécés de la démocratie. Dans cette gouvernance planétaire, menée par les Etats-Unis, il est fait peu cas à nos jeunes nations, au motif de leurs imperfections et de leurs performances discutables. Ce qui m’a frappé tout au long de la crise ivoirienne, c’est l’immodestie d’un certain G.T.I., qui était un porte-parole auto-proclamé de nos populations, et qui voulait démocratiser la gouvernance de notre pays. Comment parler de gouvernance dans un pays, sans souveraineté ? Le second texte de Kazancigil Ali qui a pour titre « Apprivoiser la mondialisation : vers une régulation sociale et une gouvernance démocratique »[4] répond à notre précédente interrogation. La gouvernance est une forme d’administration où les frontières se sont estompées entre secteurs privé et public et aux seins de ceux-ci. Elle se caractérise par l’implication, dans le processus de formulation des politiques, de l’Etat et des autorités locales aussi bien que du milieu des affaires, des syndicats et des acteurs de la société civile tels que les ONG et les mouvements de citoyens. Toutes les parties intéressées participent à ce processus de prise de décision, qui est relativement horizontal et semblable à une négociation, par opposition au style de gouvernement traditionnel, plus hiérarchique. Toutefois, cette participation est loin d’être égalitaire, puisque certaines des parties intéressées ont beaucoup plus d’influence que d’autres sur les résultats. La gouvernance, ajoute l’auteur, s’adapte parfaitement aux exigences de la scène transnationale, où l’autorité centrale n’existe pas et où les parties impliquées – les Etats souverains, les sociétés transnationales, les organisations internationales et, plus récemment, les ONG – élaborent des systèmes de régulation et des politiques spécifiques aux problèmes posés par l’intermédiaire des négociations. Jusqu’à présent la gouvernance a été fondée sur les principes d’efficacité et d’efficience. Et c’est surtout là son problème. Car, elle est un moyen apolitique d’élaborer une politique. Le GTI a voulu dissoudre toutes les institutions ivoiriennes(Le Gouvernement, l’Assemblée nationale, le Conseil économique et social…) Alors que vaut une démocratie, si les institutions représentatives n’existent pas. La démocratie, nous le savons, est basée sur la territorialité et les citoyens expriment leurs choix politiques dans les limites du territoire national. De plus, que vaut cette politique délibérative en démocratie ? Dans le chapitre VII de son ouvrage Droit et Démocratie, entre faits et normes[5], traduit de l’allemand par Rainer Rochlitz et Christian Bouchindhomme, paru en 1992, et intitulé « la politique délibérative – un concept procédural de démocratie, Jürgen Habermas, nous permet d’entrevoir quelques caractéristiques de la démocratie. Dans un premier moment, le premier élément empiriste qui l’aide à construire une théorie normative de la démocratie est la légitimité où le pouvoir de l’Etat se manifeste à travers la stabilité de l’ordre qu’il assure. Ensuite, la démocratie se laisse percevoir par les règles du jeu qui président au scrutin universel, la concurrence des parties et la domination de la majorité. Aussi, d’une part, le parti au pouvoir n’essaie jamais de restreindre l’activité politique des citoyens ou des partis, tant que ceux-ci ne tentent pas de renverser le gouvernement par le moyen de la violence. D’autre part, les partis qui ont perdu les élections ne tentent jamais, ni par la force, ni par des moyens illégaux, d’empêcher le parti gagnant d’exercer ses fonctions. Dans ces conditions, une alternance pacifique du pouvoir est assurée. L’autre élément empirique que nous observons dans une démocratie est l’esprit de concurrence qui tire sa légitimité d’un vote majoritaire obtenu au terme d’un scrutin libre, universel et secret. La démocratie, en outre, signifie qu’une partie du peuple domine l’autre pendant une durée déterminée. En démocratie, il ne s’agit pas de découvrir la vérité objective des desseins politiques. Il s’agit plutôt de montrer les conditions d’une acceptation démocratique des fins poursuivies par les partis. En ce sens, les arguments politiques fonctionnent comme des supports publicitaires, ou des armes déjouant l’emploi de la force physique, plutôt que comme des assertions susceptibles d’être interprétés comme des contributions au développement de théories vraies. Les concepts à teneur normative, mais vagues, qui sont ceux de la confrontation politique ont une signification émotionnelle ; leur fonction consiste à motiver l’engagement des masses. Le discours politique, par ce biais, possède une fonction sociopsychologique, non une fonction cognitive. Le pouvoir politique est une affaire de compromis. Un autre élément qui est important dans une démocratie est, comme nous l’avons souligné plus haut, celui de la souveraineté populaire. Il provient de l’appropriation et de la réévaluation républicaine d’une conception qui remonte aux débuts des Temps Modernes et que se rattachent d’abord au souverain d’un gouvernement absolutiste. L’Etat, qui détient le monopole des moyens permettant l’usage légitime de la force, est représenté comme un concentré de pouvoir capable de dominer toutes les autres puissances de ce monde. Que ce soit la vision républicaine ou la vision libérale, toutes ces deux visions adoptent la prémisse problématique d’une conception de l’Etat et de la société dont le point de départ est un modèle du tout et de ses parties, le tout étant constitué soit par les citoyens souverains, soit par une Constitution. La démocratie de Lodjoukrou a un concept de démocratie fondé sur la théorie de la discussion. Elle suppose l’image d’une société décentrée qui crée toutefois, au moyen de l’espace public politique, une arène spécialement chargée de percevoir, d’identifier et de traiter les problèmes intéressant la société dans son ensemble. Ici, on n’a plus besoin de concentrer la souveraineté, de façon faussement concrète, dans le peuple, ni de la confiner dans l’anonymat des compétences définies par le droit constitutionnel. Le Soi de la communauté juridique qui s’organise elle-même est résorbé par les formes de communication asubjectives qui régulent la formation de l’opinion et la volonté au moyen de la discussion, de façon à ce que leurs résultats faillibles aient toutes les chances d’être raisonnables. L’idée de souveraineté du peuple est interprétée dans ce cas dans un sens intersubjectiviste. Dans un second moment, Habermas décrit la société démocratique comme une société polycentrique composée de grandes organisations, où l’influence et le pouvoir politique passent entre les mains d’acteurs collectifs et sont de moins en moins susceptibles d’être acquis ou exercés par des individus associés. La société démocratique est, ensuite, la multiplication des intérêts de groupe en concurrence les uns avec les autres, qui rend difficile une formation impartiale de la volonté. Elle est encore, la croissance des bureaucraties étatiques et des tâches publiques, qui favorise la domination des experts. Elle est enfin, l’incompréhension croissante entre les masses apathiques vis-à-vis des citoyens mis sous tutelle. Pour tout récapituler, disons que la démocratie obéit à un certain nombre de règles qui sont les suivantes : elle a pour trame le contrat social et la volonté générale. Pour Rousseau, ce régime parfait ne convient pas aux hommes ; seul un peuple de dieux se gouvernerait démocratiquement. Un peuple d’hommes n’a pas assez de vertus pour cela. Elle est la forme de gouvernement dans laquelle le pouvoir exécutif est joint au pouvoir législatif. La démocratie n’est pas un modèle politique, mais le modèle du politique. Le fait démocratique va de pair avec le développement de la société industrielle. Il est l’ombre portée de la haine que vouent les hommes à toute politique oppressive et despotique et répond à un besoin d’indépendance économique, à une soif de liberté politique qui va grandissant avec la maturation de la conscience civique. La démocratie n’est valable que si elle n’est pas un consentement passif au pouvoir. La démocratie obéit à d’autres règles comme la participation politique d’un nombre aussi élevé que possible de citoyens intéressés. Les droits habituels autorisent la communication et le choix parmi différents programmes et différents groupes dirigeants. Une autre règle est la protection de la sphère privée. Le contenu minimal de la démocratie tient en la garantie des libertés de base, l’existence de partis en concurrence, les élections périodiques au suffrage universel et les décisions qui sont prises collectivement, soit fondées sur le compromis, sur des débats ouverts entre les différentes factions ou sur les différents alliés de la coalition gouvernementale. Mais la démocratie présente des difficultés d’ordre philosophique et d’ordre politique. Au plan philosophique déjà, au gré des époques, le mot démocratie a évolué selon que le « demos » change de sens. Par exemple au XVIe siècle, le terme peuple a eu une dignité politique et a désigné les masses populacières que l’ensemble des citoyens (Machiavel, Thomas More, la Boétie, Discours de la servitude volontaire en 1548). Le terme peuple a aussi désigné cette masse lourde et lâche qui obéit aveuglément ou encore un corps public actif et vigilant. Aussi du courage ou de la veulerie du peuple dépend le régime politique d’un Etat. Si nous restons toujours à l’époque moderne, le peuple ne désigne pas l’ensemble des citoyens mais, tantôt les grands seigneurs de France, tantôt le Parlement des trois Etats (le Roi, la Noblesse et le Peuple). Le peuple a la vocation a la souveraineté, il est une masse d’hommes politiquement peu évolués. Au plan politique la démocratie offre des vertiges (démocratie libérale, démocratie populaire, démocratie représentative, démocratie gouvernée ou gouvernante, démocratie consentante.) Elle n’est pas un concept abstrait mais s’accroche à des réalités sociales et économiques dont elle est tributaire. Elle n’est pas un schéma d’organisation politique applicable abstraitement et universellement. Elle ne saurait être une monocratie populaire. La représentation et les procédures électorales sont d’une importance capitale dans un régime démocratique dans laquelle la vie parlementaire est un principe fondamental. Elle est finalement une philosophie, une manière de vivre, une religion et, presque accessoirement une forme de gouvernement. Le malaise actuel de la démocratie est que nous en avons oublié son origine. · ORIGINE DE LA DEMOCRATIE ET SYSTEME POLITIQUE DE LODJOUKROUA l’origine, la démocratie antique peut s’identifier à la démocratie solonienne. En effet, Solon, l’archonte d’Athènes en 593 a.C. est le père de la démocratie antique (début Vie jusqu’en 330 a.C.) Il voulait moins le pouvoir du peuple que l’harmonie de la cité. Il voulait que la polis ressemble au kosmos et qu’elle soit caractérisée par l’eumonia, c’est-à-dire, la cohésion de la vie quotidienne, par la résistance à toute hybris, par la mesure et la pondération. Ainsi la démocratie solonienne n’avait pas pour visée de donner le pouvoir au peuple, mais d’imposer aux eupatrides et au peuple des concessions réciproques. C’est cette démocratie originelle que nous voulons privilégier au détriment de celle qu’ont installé Clitshène(508-462) et Périclès(462-411). La démocratie solonienne s’apparente à celle du système politique de Lodjoukrou décrit par Memel Harris Fôté[6]. Pour l’auteur, analyser la structure du système politique, c’est d’abord présupposer déterminée, la période de l’évolution de la société dont on fait l’analyse : c’est, ensuite, présupposer une différenciation interne de la société étudiée. En effet, la société כdzukru est considéré, ici, en son état de complexité le plus avancé, au moment où la colonisation française la surprend, à la fin du XIXe siècle. Dans cette société existe une notion du pouvoir, bien articulée avec les structures socio-politiques, une notion qui exprime et occulte à la fois ces structures, ce qui par conséquent justifie de l’intérieur une anthropologie objective. Une différenciation et une stratification spécifique caractérisent cette société. Etant donné que pour les כdzukru le pouvoir suppose la société et se confond avec elle, nous disons que la notion fondamentale à laquelle accède toute anthropologie sociale est celle d’εb. La démocratie de l’כdzukru, c’est d’abord sa culture. L’εb est une réalité sociale qui n’est intelligible pour ce peuple qu’en termes de biologie sociale. On appelle, εb-εs, père ou propriétaire de l’εb, celui-là qui le premier a exploré et délimité un territoire, défriché la forêt, planté le tout premier arbre (εb-likŋ), construit les premières habitations, conquis sur la nature d’un geste quasi-absolu. Son acte de fondation, instaurateur d’une société nouvelle, paraît un acte vital, c’est-à-dire de fécondation et d’engendrement ; fécondation par un mâle d’une terre femelle et inculte, engendrement d’un nouvel état de choses sur la terre métamorphosée. Or, de qui aime la bonne chère, apprécie le confort, recherche la toilette et s’adonne aux plaisirs des sens, on dit littéralement qu’il « mange εb . » En ce sens, εb désigne l’ensemble des biens matériels que recèle la vie sociale et dont les individus peuvent, au sens large de ce concept, se nourrir. La conception nutritive de la culture qui s’y cache et le rôle essentiel de l’idée de bouche confirment le contenu biologique de la notion. Outre les valeurs d’ordre matériel, la notion connote des valeurs sociales, εb-ir, l’habiter, a un triple sens : matériel, social et moral. Dire de jeunes mariés qu’ils habitent l’εb, c’est signifier qu’ils sont matériellement établis dans leur propre maison, avec les ressources propres, instaurant avec leurs parents et la communauté de nouveaux rapports sociaux où l’autonomie le dispute de plus en plus à la dépendance. D’un point de vue moral, dire qu’ils ne savent pas « habiter l’εb » ou que leur manière de l’habiter est mauvaise, c’est passer condamnation sur des conduites en désaccord avec les normes de la vie sociale. Les valeurs spirituelles, enfin, ne sont pas exclues de ces valeurs sociales. Le Droit est si essentiel à la constitution d’un εb que toute transgression des lois est interprétée comme un affront ou un piétinement infligé à l’εb lui-même. C’est qu’au fond, cette notion désigne davantage que la culture. L’εb désigne ensuite la société. Un village c’est l’εb ; là où l’כdzukru met ses ressources, ses trésors, sa vraie demeure, là où se déroulent les cérémonies rituelles, où se tiennent les grands marchés, là où vient la loi, et où reposent les ancêtres et où sa vraie dépouille est appelée à reposer. Le citoyen adioukrou est l’εb-ij par rapport à l’étranger. La citoyenneté est donnée par la naissance ou par l’âge, ou par l’initiation. La chose publique est l’εb-owi, la loi, εb-ol et le pouvoir politique, εb-esew. Nos aurions voulu nous étendre davantage sur la société adioukrou, mais la notion de vie politique[7] nous a semblé plus importante à relever. Sous cette notion, nous subsumons l’ensemble des activités et fonctions ayant pour enjeu la société, et dont l’accomplissement engage le pouvoir en rapport avec toutes les composantes de cette société et avec les pouvoirs étrangers. Dans la vision כdzukru, six notions principales regroupent ces activités et ces fonctions : εb-eb, εbgnimn, εb-כsus, εb-dogŋn, εb-kok, εb-akpaal. Elles postulent que la politique est une pratique sociale collective, dominée par des fins d’ordre ontologique, éthique et esthétique. L’εb-eb est un rituel qui, par la transmission du pouvoir, confie la société à un petit nombre pour qu’il la dirige comme on dirige une pirogue sur l’eau (eb-jimn). La notion d’εb-kok connote toutes les activités et fonctions qui « produisent et reproduisent » (kok = faire) l’existence matérielle et spirituelle de la société : l’économie (production des richesses et reproduction de la population), l’éducation (formation civique, militaire et artistique d’hommes et de femmes mûrs), la justice et l’hygiène (préservation et accroissement de la sécurité, de l’équité et de la santé), la religion (relation avec les ancêtres et les dieux pour le succès de toutes les fins). A cette production et reproduction de la société par elle-même, la notion d’εb-akaal (saklp = beauté – bonté) apporte une norme : le bien et le bel-être. Par εb-כsu, les כdzukru entendent la surveillance de toute la société et de sa culture selon diverses modalités : politique, militaire, intellectuelle, magique. Quant à la notion d’εb-dogŋn, elle recouvre l’idée d’une lutte dont l’enjeu est justement l’existence, le développement et l’embellissement ontologiques de la société globale. Comme nous le constatons chez les כdzukru, la source du pouvoir vient du peuple, de l’assemblée du peuple. Il s’agit de la réunion officielle et publique des citoyens aux fins de connaître et de décider des affaires d’intérêt commun. Cette démocratie montre que le pouvoir s’acquiert de façon pacifique tous les huit ans, au terme d’une initiation d’une classe d’âge. L’εb-eb politise le fondement du pouvoir. Nous retrouvons l’harmonie du pouvoir de la démocratie solonienne ici. La sacralité se relativise ici. L’eunomie ce sont les ancêtres et leur bénédiction. Mais en plus, une offrande est exigée par chaque candidat à l’εb-eb. Cette condition sine qua non se ramène à un appel au consensus populaire, base historique du pouvoir. Cette révolution démocratique s’accompagne d’un recul de la séniocratie politique. Ce sont des hommes mûrs, hommes de moins de 75 ans qui viennent au pouvoir chaque huit ans, et pour une période limitée. L’eunomie se prolonge aussi dans la fonction religieuse des gouvernants, car chez les כdzukru, la fonction religieuse est la fonction primordiale du pouvoir politique. CONCLUSIONLa démocratie solonienne qui, pour nous constitue le modèle de toute démocratie, a connu une fin tragique en 561, lorsqu’Aristrate a effectué un coup d’Etat pour installer la tyrannie et celle-ci s’est prolongée en 510 par Hippias et Hipparque. Puis Clisthène et Périclès ont installé de nouveau la démocratie. Mais cette nouvelle démocratie est restée trop théorique et trop formelle. Elle insiste trop sur la notion de souveraineté du peuple, au lieu de pencher vers l’harmonie de la cité. Bien sûr que la société adioukrou connaissait des inégalités avec l’existence de l’esclavage, mais celle-ci était bien intégré dans la cohésion sociale comme dans la démocratie solonnienne. La seule chose qui pour notre part manque encore à cette démocratie, c’est son ouverture au Transcendant. J’entends l’intégration d’une idée comme seule du bien commun comme seule critère valable pour l’instauration d’une vraie démocratie[8]. BIBLIOGRAPHIE· ANTOINE (P.).- Démocratie aujourd’hui (Paris, 1963) · ARON (Raymond).- Démocratie et totalitarisme (Paris, Gallimard 1965) · BURDEAU(G.) in Cahiers de Philosophie politique et juridique n°1, « Démocratie qui es-tu ? n° 2, Démocratie et Philosophie, Caen 1982. · BURDEAU(G.).- La démocratie, Paris ; Club Jean Moulin, L’Etat et le Citoyen, (Paris, 1969) · Carlos MILANI, Carlos ARTURI et Germais SOLINIS(sous la dir. De).- Démocratie et gouvernance mondiale. Quelles régulations pour le XXIe siècle (PARIS, Unesco 2003) · FINLEY(M.).- Democraty ancien and modern, Londres 1973. · GOYARD(FABRE).- « Démocratie » in Encyclopédie Philosophique Universelle II. Les Notions Philosophiques. Dictionnaire. 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[5] HABERMAS(Jürgen).- Droit et Démocratie, entre faits et normes (Paris, Gallimard 1997), pp. 311-354 [6] MEMEL(Harris Fôté).- Le système politique de Lodjoukrou. Une société lignagère à classes d’âge(Côte d’Ivoire) (Paris, Présence Africaine 1980, p. 116. [7] MEMEL(Harris Fôté).- Le système politique de Lodjoukrou. Une société lignagère à classes d’âge(Côte d’Ivoire) (Paris, Présence Africaine 1980, p. 182. [8] NOVAK(Michael).- Démocratie et bien commun (Paris, Cerf 1991), p. 162 MGR DJABLA REPOSE DANS LA CATHEDRALE SAINTE ANNE DE GAGNOA
Ce Jeudi 25 Septembre 2008, en présence des Cardinaux Peter Tukson, Archevêque de Cape Coast, conduisant la délégation de l'Aecawa, Andrien Sarr, Archevêque de Dakar, président de la Cerao, Bernard Agré, Archevêque-Emérite d'Abidjan, et de Mgr Ambroise Mandtha, Nonce Apostolique en Côte d'Ivoire, de nombreux Archevêques, Evêques, Prêtres, Religieux et Religieuses, de Côte d'Ivoire et de l'Espace Cerao et de l'espace Aecawa, reunis en une seule association, l'Aceao(Association, des conférences épiscopales de l'Afrique de l'Ouest), une messe a été célébrée dans la Cathédrale St Paul d'Abidjan à 8 H. Elle a été présidée par Mgr Joseph AKE, Président de la Conférence Episcopale de Côte d'Ivoire et Evêque de Yamoussoukro. Les autorités politiques, administratives, militaires étaient représentées. Le Président du Conseil Economique et Social, celui de la Cour Suprême, les Ministres d'Etat(Bohoun Bouabré, Dano Djédjé) et Le Général Mangou, chef d'Etat Major des Armées. On notait aussi la présence du Bishop Boni de l'Eglise Protestante Méthodiste. Le célébrant principal a présenté l'illustre défunt, dans son mot d'introduction: Mgr Djabla a été ordonné le 15 Mars 1964. Il a eu 19 années d'épiscopat et 72 ans d'âge. L'évêque d'Agboville, Mgr Alexis Touably Youlo, ancien vicaire général de Mgr Djabla, a prononcé l'homélie du jour. Un refrain scandait ses propos: "L'homme de Dieu est retourné à son Dieu; un saint a vécu parmi nous". Le prédicateur a relévé les nombreuses qualités humaines exceptionnelles du défunt telles que la piété, la vérité, l'attachement à la Vierge Marie et le détachement par rapport aux biens matériels. il a même raconté avec humour que le défunt disait avoir des problèmes avec celui qui a inventé l'argent. Mgr Djabla a été président de la Commission de la Cerao, pour les migrants et les personnes déplacées. La chorale de la Maîtrise de la Cathédrale nous a plongés dans le recueillement par de très beaux cantiques. A la fin de la messe, 3 messages ont été livrés, l'un par le Cardinal Sarr, l'autre par Mgr le Nonce Apostolique et le 3è par le Président de la CECI, Mgr Joseph AKE. Tout de suite après, la dépouille mortelle a été conduite à Gagnoa. Le Nonce a présenté ses condoléances à la Ceci et a lu les messages de la Secrétarie d'Etat, au nom du St Père, de Mgr Patrizio Bertoli et de Mgr Ivanas, Préfet de la Congrégation pour l'Evangélisation des peuples. Mgr Joseph Aké a remercié l'Aceao, le St Père et tous les participants à cette messe. Le lendemain, 26 Septembre 2008, après la longue veille de la nuit. La messe de requiem a été présidée par Mgr Maurice kouassi, évêque de Daloa. L'homélie d'ouverture du célébrant principal a fait place à celle de Mgr Gaspard Bedy Gneba, évêque de Man. Dans sa prédication, l'homme de Dieu a insisté sur les qualités de serviteur de Dieu effacé, humble, infatigable et toujours à l'écoute des fidèles, qu'était l'archevêque Barthélemy Djabla. "Seigneur Jésus-Christ, avant de ressusciter, tu as reposé trois jours en terre. Et depuis ces jours-là, la tombe des hommes est devenue pour les croyants signe d’espérance en la résurrection. Au moment d’ensevelir notre frère, nous te prions, toi qui es la résurrection et la vie : donne à notre frère et père archevêque Barthélemy, de reposer en paix dans ce tombeau jusqu’au jour où tu te réveilleras, pour qu’il voie de ses yeux, dans la clarté de ta face, la lumière sans déclin, pour les siècles des siècles. Amen ! » Il est 13 h 35, samedi, quand Mgr Paul Dacoury-Tabley, évêque de Grand-Bassam, la gorge nouée, prononce cette prière dans la cathédrale Sainte Anne de Gagnoa. Le rite du dernier adieu, ou l’absoute, est à son paroxysme. Cette prière de conclusion marque l’ultime séparation de Mgr Barthélemy Djabla, archevêque métropolitain de Gagnoa et administrateur apostolique de San Pedro, décédé le 15 septembre à Abidjan, avec la foule compacte qui assiste à sa messe de requiem. L’atmosphère est plus que lourde. Le Président de la République, Laurent Gbagbo, présent aux obsèques du disparu avec son épouse, Mme Simone Ehivet Gbagbo, ne peut s’empêcher de porter le mouchoir blanc qu’il tient à ses yeux. De nombreux évêques, prêtres, diacres, sœurs, enfants de cœur, écrasent des larmes. Dans la cathédrale, plusieurs parents du défunt, ses connaissances, les fidèles... laissent couler leurs larmes. Le cercueil de Mgr Barthélemy Djabla descend dans la tombe faite au sein même de la cathédrale. La scène dure quelques instants. «Vivons dans l’espérance de la manifestation glorieuse de notre Dieu et sauveur, le Christ Jésus. Et que lui-même comble notre frère et père archevêque Barthélemy de la plénitude de sa paix pour les siècles des siècles. Amen ! », reprend Mgr Paul Dacoury-Tabley, en guise de bénédiction de la tombe. Mais avant la prière de conclusion, l’évêque de Grand-Bassam, qui a rappelé que Mgr Barthélemy Djabla et lui sont des compagnons de très longue date, l’avait recommandé au Seigneur. Ce sont les béatitudes, tirées de l’évangile de Jésus Christ selon Saint Mathieu (5. 1-12), qui ont servi d’homélie à Mgr Gaspard Beby Gnéba, évêque de Man. Selon lui, ce texte invite les hommes à purifier leurs cœurs de leurs instincts mauvais et à rechercher en toute chose l’amour de Dieu et le service de la communauté. Puis, le célébrant a indiqué que la mort de Mgr Barthélemy lui ouvre les portes du ciel. Le président de la célébration, Mgr Maurice Kouassi, évêque de Daloa, lui, a rendu gloire à Dieu qui a donné la force à Mgr Djabla de le servir résolument. Le parcours d'Abidjan à Gagnoa a été marqué par deux escales. La première a eu lieu à la paroisse Saint-Pierre et Saint-Paul de Divo où Mgr Djabla a servi pendant 11 ans comme curé. La deuxième escale s'est faite à la paroisse Notre Dame de l'Immaculée Conception de Gagnoa-Garahio. Cette étape a été l'occasion pour l'archidiocèse de Gagnoa de présenter ses condoléances à la famille biologique de son pasteur et de lui rendre hommage. CANAILLOCRATIE ET HORRIPILATIONLe spectacle qu’offrent aujourd’hui nos sociétés démocratiques modernes est lamentable. Cette situation nous amène à paraitre ultracistes, scrogneugneux et grognons. La démocratie qu’elles nous laissent voir est vraiment en décrépitude. La société en s’élargissant s’est abaissée. La démocratie a gagné la mort.[1] La dernière visite du Pape Benoît XVI en France nous a permis d’appréhender la bassesse de la société occidentale qui ne croit qu’au culte de la performance et de la réussite sociale. Les intellectuels ont célébré la Raison à la rue des Bernardins comme si cette Raison à laquelle ils adhéraient tous, pouvait exister, seule, sans la Foi. Le Saint Père les a recentrés sur leurs racines chrétiennes occidentales : le spirituel en fait grandement partie, comme un trésor inestimable. Non pas un vernis de spiritualité, de rites superficiels mais la pratique au quotidien. Ne pas avoir honte d’afficher ses valeurs chrétiennes, en montrer des signes extérieurs, pourquoi pas. La raison sans la foi est légère, la foi sans la raison est faible. C’est une chose assez généralement reconnue que l’Europe doit au Saint-Siège sa civilisation, une partie de ses meilleures lois, et presque toutes ses sciences et ses arts.[2] La laïcité positive a aussi retenue l’attention des journalistes et des hommes politiques. Il ne faudrait pas en faire un slogan publicitaire comme c’est souvent le cas dans nos démocraties modernes. Parler de laïcité positive et ne pas mettre les pieds dans une église, ou bien divorcer au gré de ses caprices est très problématique. La laïcité derrière laquelle se cachent nos sociétés modernes, ne se résume-t-elle pas simplement à un athéisme déguisé, un athéisme qui opposerait les droits humains aux droits de Dieu. Qui sont ceux qui se cachent derrière ces principes intangibles de laïcité ? Je n’en connais pas de véritables chrétiens. Y a-t-il des garde-fous à la spiritualité ? Tout ce qui constitue un frein à la spiritualité est anti-spirituel, a-spirituel et cela est d’une grande gravité à la propagation de la foi. Nos pays actuels sont en train d’être tout simplement décatholicisés. Il nous faut réagir. En poursuivant notre réflexion, nous voudrions dé-politiquer un peu, compte-tenu de la trop grande place que la politique occupe dans notre société contemporaine. Qu’appelle-ton démocratie aujourd’hui ? La démocratie, pense-t-on c’est le droit d’avoir des élections et le droit de vote. C’est aussi respecter les droits de l’homme. Mais en regardant de très près nos hommes politiques dans leurs véhicules aux vitres teintées, aux costumes sommes, nous apercevons une immense défilade de croque-morts amoureux, de croque-morts politiques, de croque-morts bourgeois. Le noir du véhicule qui se marie avec le noir de l’habit, la livrée uniforme, le véhicule semblable, signifient une égalité de fourmis, le triomphe du nombre, symbolisé par la vie moderne. Fourmillement de la vie, fourmillement de la ville. Le suffrage universel de nos jours est le reflet de la souveraineté populaire, dans nos démocraties. Il s’agit du droit du nombre, le droit divin du nombre et nous opposons ce droit du nombre au droit divin. Or ce suffrage universel, nous le pensons, une espèce de bouillie gélatineuse. Avec le suffrage universel, n’importe quel petit imbécile accède à la magistrature suprême. Ce suffrage universel donne que l’homme le plus médiocre arrive à nous gouverne par le hasard du scrutin. Peut-être faudrait-il opter ici pour un élitisme où ce sont les plus compétents qui soient portés au suffrage universel. De nos jours, la démocratie est devenue un débordement de vice inouï, un jeu de mensonge, un abus de force, un enseignement de vice, une maladie sociale, et un enseignement d’injustice. Elle est une démocratie prostituée. Chacune des élections, dans tous les pays démocratiques, ouvre une vue d’ensemble sur la bêtise et la méchanceté des habitants. Peut-on imaginer un système de gouvernement plus idiot que celui qui consiste à remettre, pour un certain nombre d’années, le sort d’un pays, non pas au peuple, mais à la foule. D’une façon cyclique, chaque pays moderne actuel désigne ses représentants dans un accès de catalepsie alcoolique. Alors, devons-nous définir l’action que nous menons, devons-nous la décrire. Elle se résulte en un seul mot : la métapolitique. Des hommes d’Etat ont commencé à écrire, ou encore, ce qui revient au même, des écrivains écrivent pour les hommes d’Etat : ce sont ceux que nous appelons des négriers. L’histoire de leurs vies ou leurs projets de vie expriment bien leur envie de domination. Ces hommes d’Etat falsifient l’histoire. Telle est leur volonté de puissance. Ils mentent tous mais en même temps, ils offrent un spectacle effrayant. Car ce qui est qualité dans l’écrivain, est parfois vice dans l’homme d’Etat, et les mêmes choses qui souvent ont fait faire de beaux livres peuvent mener à de grandes révolutions. En outre, la théorie est le démon de l’homme d’Etat. Mais « diantre », pourquoi aime-t-il écrire ? La raison est insuffisante en politique, parce que l’action humaine ne se fonde pas sur la raison seule. Les passions, à la fois individuelles et collectives, exercent leur influence sur les affaires, et les intérêts troublent la vue. La dernière crise financière internationale, dans laquelle nous sommes plongés depuis peu (par la faillite de la société de prêts immobiliers Lehmann Brother) a montré comment l’homme contemporain vit dans l’illusion et l’artifice. Beaucoup de personnes à l’heure actuelle vivent au dessus de leurs moyens. Elles s’endettent énormément et croient posséder, alors qu’en fait, elles n’attrapent que du vent. Notre Maître nous a enseignés dans l’Evangile que celui qui a, recevra davantage. Cela nous interroge sur la qualité de notre avoir, et non sur la quantité. Si nous possédons beaucoup de choses qui ne sont que des dettes, c’est que nous n’avons attrapé que du vent. Nous sommes ruinés du jour au lendemain. Chez l’כdzukru, du Sud de la Côte d’Ivoire, l’homme riche est le gbreŋgbi (celui qui a souffert) (l’idz gbré gbi). Il a souffert longuement (gbi) pour posséder ce dont il dispose aujourd’hui. Alors sa richesse lui dure entre les mains. Sinon l’homme criblé de dettes et qui vit dans l’illusion, dilapide l’argent des autres. Il n’a pas souffert pour l’acquérir, alors il est dilapidateur et dissipateur. Ce que nous appelons richesses aujourd’hui factice, postiche et emprunté. Le sage a bien raison de dire : « Une fortune acquise à force de mensonge : illusion fugitive qui conduit à la mort. »[3] N’est-ce pas le péché des origines de nos sociétés d’aujourd’hui ? Nos sociétés tombent dans la bondieuserie en déclarant que l’homme est naturellement bon et que c’est la société qui le corrompt : principe démocratique rousseauiste. En fait de quels hommes parlons-nous ? Il n’y a pas d’homme en soi. Il y a des Ivoiriens, des Burkinabés… L’homme en soi n’existe. Et nous lui avons placardés des droits…humains dont nous faisons le principe sacrosaint de nos démocraties : c’est un péché des origines. Père AKE Patrice Jean [1] COMPAGNON(Antoine).- Les antimodernes de Joseph de Maistre à Roland Barthes. (Paris, Gallimard 2005), p. 13 [2] COMPAGNON(Antoine).- Les antimodernes de Joseph de Maistre à Roland Barthes. (Paris, Gallimard 2005), p. 158 [3] Proverbes 21,6 September 18 ADRESS TO THE YOUTHAnd now to you, dear young people. It is a great joy for me to meet you at the end of this brief but intense visit to your beautiful island. I greet you affectionately and thank you for this warm welcome. In particular I thank those who, in your name, have expressed the fervent sentiments that inspire you. I know that some of you have participated in World Youth Day in Sydney and I am sure that you have benefited from such an extraordinary ecclesial experience. As I have seen for myself, World Youth Day constitutes a unique pastoral occasion for allowing youth of the entire world to know each other better, to share together faith and love for Christ and his Church, to confirm the common commitment to strive towards building a future of justice and peace. We have today not a world day, but a Sardinian day, of youth. And we are experiencing the beauty of being together. And so, truly, I greet you dear young men and women affectionately: you are the future of hope in this region, notwithstanding the difficulties that we all know. I know your enthusiasm, the desires that fuel you, and the commitment you make to accomplish them. And I do not ignore the difficulties and problems you encounter. I am thinking, for example - and we have heard of this - of the wound of unemployment and of the precarious work situation that put your projects at risk. I am thinking of emigration, of the exodus of the most fresh and enterprising energies, with the associated uprooting from one's environment that sometimes brings with it psychological and moral damage, even prior to its social damage. What can be said of the fact that, in the current consumers' society, profit and success have become the new idols before which so many prostrate themselves? The consequence is that it has brought us to give value solely to whom, as is often said, "is lucky" and has "fame", certainly not those whom must laboriously battle with life each day. Possession of material goods and applause of the masses have replaced the work on oneself that serves to temper the spirit and form an authentic personality. One risks being superficial, taking dangerous short-cuts in the search for success, thus consigning life to experiences that give immediate satisfaction, but are in themselves precarious and misleading. The tendency toward individualism is growing, and when one is concentrated only on oneself, one inevitably becomes fragile; the capacity to listen is weakened, which is an indispensable stage in understanding others and working together. On 20 October 1985, John Paul II, meeting here in Cagliari young people from all over Sardinia, proposed three important values to build a society of fraternity and solidarity. They are suggestions that are still timely even today, which I willingly repeat, emphasizing in the first place the value of the family, to safeguard as an "ancient and sacred inheritance", the Pope said. You all have experienced the importance of family, as sons and daughters and as siblings; but the capacity to form a new one cannot be taken for granted. You must prepare yourselves for it. In the past traditional society helped to form and safeguard the family more. Today it is no longer so, or rather it is "on paper", but in actuality a different mentality dominates. Other forms of living together are permitted. Sometimes the term "family" is used for unions that, in reality, are not a family. Above all, in our context, the capacity for couples to defend the unity of the family nucleus is very reduced and at the cost of great sacrifice. Dear youth, recover the value of the family. Love it, not only as a tradition, but as a mature and conscious choice. Love the family in which you were born and prepare yourselves to love also those that with God's help you yourselves will make. I say "prepare yourselves", because real love does not happen suddenly. Beyond sentiment, love is made of responsibility, constancy and a sense of duty. One learns all of this through the prolonged practice of the Christian virtues of trust, purity, abandonment to Providence and prayer. In this commitment of growth toward a mature love the Christian community will always support you, because in it the family finds its highest dignity. The Second Vatican Council calls it a "little church" because Matrimony is a Sacrament, that is, a holy and efficacious sign of the love that God gives us in Christ through the Church. Strictly connected to this first value I mentioned is the other value I wish to emphasize: serious intellectual and moral formation, indispensable in planning and building your future and that of society. The person who offers you a "discount" on this is not concerned for your good. In fact, how could one seriously plan a future if the natural desire that is in you to understand and to compare yourselves is neglected? The crisis of a society begins when it no longer knows how to hand down its cultural patrimony and its fundamental values to the new generations. I am not referring only and simply to the scholastic system. The issue is broader. There is, as we know, an educational emergency, which in order to be faced requires parents and teachers capable of sharing all the goodness and truth that they have experienced deeply first-hand. It requires young people who are open to their internal lives, curious to learn and to bring everything back to the fundamental needs and yearnings of the heart. You are truly free - in other words, impassioned for the truth. The Lord Jesus said: "the truth will set you free" (Jn 8: 32). Modern nihilism instead preaches the opposite, that it is instead freedom which will make you true. Indeed, there are those who hold that no truth exists, thus opening the path to the disposal of the concepts of good and evil and even making them interchangeable. I was told that in the Sardinian culture there is this proverb: "It is better to want for bread than for justice". Man can indeed withstand and overcome the pangs of hunger, but he cannot live where justice and truth are banished. Material bread is not enough, it is not sufficient to live in a fully human way; another food for which to always hunger is necessary, food which nourishes one's personal growth and that of the family and of society. This food, and it is the third great value, is a sincere and deep faith, which becomes the substance of your life. When the sense of the presence of God is lost, everything is "tasteless" and reduces to a single dimension. All the rest is "crushed" on the material level. When each thing is considered only for its usefulness, the essence of that which surrounds us is no longer perceived, and above all of the persons whom we meet. With the disappearance of the mystery of God the mystery of all that exists disappears too; things and people interest me in so much as they satisfy my needs, not for what they are. All of this constitutes a cultural fact that one breathes from birth and that produces permanent interior effects. Faith, in this sense, before being a religious belief, is a way of seeing reality, a way of thinking, an interior sensitivity that enriches the human person as such. Well, dear friends, Christ is also the Teacher of this, because he has completely shared in our humanity and is contemporaneous with man of every epoch. This typically Christian reality is a stupendous grace! Being with Jesus, visiting him like a friend in the Gospel and in the Sacraments, you can all learn, in a new way, what society often is not able to give you, that is, a religious sense. And precisely because it is something new, discovering it is wonderful. Dear friends, like the young St Augustine, with all his problems on his difficult path, each one of you, every creature, hears the symbolic call from above; every beautiful creature is attracted back to the beauty of the Creator, who is effectively concentrated in the Face of Jesus Christ. When the soul experiences this, it exclaims, "Late have I loved you, o beauty ever ancient ever new, late have I loved you!" (Conf. X, 27.38). May each one of you rediscover God as the sense and foundation of every creature, light of truth, flame of charity, bond of unity, like the hymn of the Agorà of the Italian youth. May you be docile to the power of the Spirit! He, the Holy Spirit, the Protagonist of the World Youth Day at Sydney; he makes you witnesses of Christ. Not in word but in deed, with a new type of life. You will not be afraid any longer to lose your freedom, because you will live it fully by giving it away in love. You will no longer be attached to material goods, because you will feel within you the joy of sharing them. You will cease to be sad with the sadness of the world, but you will feel sorrow at evil and rejoice at goodness, especially for mercy and forgiveness. And if this happens, if you will have truly discovered God in the Face of Christ, you will no longer think of the Church as an institution external to you, but as your spiritual family, as we are living now, at this moment. This is the faith that your forefathers have handed down to you. This is the faith you are called to live today, in very different times. Family, formation and faith. Here, dear young people of Cagliari and of the whole of Sardinia, I too, like Pope John Paul II, leave to you these three words, three values to make your own with the light and the strength of the Spirit of Christ. May Our Lady of Bonaria, First Patroness and sweet Queen of the Sardinian people, guide you, protect you and accompany you always! With affection I bless you, assuring you of a daily remembrance in prayer. Benedict XVI O.S.E.R.INTRODUCTIONRéfléchir sur la voiture aujourd'hui, c'est replonger dans mon enfance, où déjà comme un enfant je fabriquais des voitures. De ce temps-là j'ai d'abord été ouvrier d'usine, regardant les grands frères du quartier plus expérimentés, à l'oeuvre: je redressais les barbelés que la fortune nous laissait, simples clôtures des maisons, à l'insu des propriétaires. Je découpais les caoutchoucs, devant servir à attacher les fers pour les assemblages. Puis d'observateur, simple apprenti, je suis devenu fabriquant et vendeur. Au quartier résidentiel de Marcory, l'enfant du Groupement Foncier(G.F.C.I.) arrivait à décrocher de grandes commandes. Parfois le véhicule que je conduisais pouvait plaire au fils d'un Européen qui me payait cash...Je repartais alors heureux. Ou bien lui-même m'expliquait ce qu'il voulait et je m'y attelais. Adolescent, je me suis épris des manèges: là aussi je conduisais vraiment, mais il fallait de l'argent que les parents ne nous donnaient pas toujours. Conduire une voiture, avoir une voiture, c'était d'abord un rêve de tout enfant: j'avais même fait une promesse à ma mère que si je commençais à travailler, je lui offrirais une petite voiture rouge. Promesse que je n'ai pas encore tenue. Quand je suis entré dans la vie religieuse et après ma prise de soutane, les parents, qui n'étaient pas bien informés, ont pensé que le temps était venu pour moi de passer le permis de conduire. J'ai pu l'obtenir mais aucun grand frère et aucune grande soeur ne m'a fait confiance pour la conduite. Je me suis véritablement fait la main en paroisse, avec ma première voiture de fonction. C'est à partir de ce jour que mes frères et soeurs ont arrêté de me donner de l'argent de poche parce que j'étais devenu quelqu'un dans la vie. 1. AVOIR UNE VOITURE EN AFRIQUE, C'EST DEVENIR QUELQU'UNL'Africain d'aujourd'hui pense qu'avoir une voiture c'est être quelqu'un d'important, quelqu'un qui a les moyens de se prendre en charges. En fait, ce sont pas tous ceux qui travaillent qui ont des véhicules. Au-delà du caractère possessif de l'être africain qui ne pense qu'à posséder, j'oserai(o.s.e.r.), ensuite, véritablement le vrai sens de la voiture(c'est l'énigme du titre que je dévoilerai alors en ce moment). Entre l'insolence des cadres d'Angré qui prennent l'Express tous les matins pour se rendre à leur lieu de travail et l'apprenti Gbaka d'Anyama ou d'Abobo qui conduit son premier Gbaka ou son premier taxi, ou son premier wôrô-wôrô, en remplacement de son patron, il n'y a pratiquement aucune différence, sauf le même instinct de domination. Les premiers sont tellement orgueilleux et suffisants, qu'une fois dans l'Express, ces cadres se croient encore à la maison dans leur salon. Qaunt aux seconds nommés, c'est la même démesure: d'abord congénitalement attardés, ils font des accidents spectaculaires qui résument leur intelligence. La façon dont l'avant d'un Gbaka prend la route, lors d'un dépasement est l'expression même de leur attardement. Ils sont tout simplement inintelligents. Rustes à souhait, les coxers ne sont pas mieux: ils parlent par onomatopée et paraissent tout le temps comme des drogués. Au niveau de l'environnement, c'est la même catastrophe. Tous ces véhicules empestent comme ce n'est pas possible. Il n'existe aucune norme à la matière. Un de mes amis qui a fait un bilan de santé en Suisse s'est vu interroger sur sa relation à la cigarette. Il était non fumeur mais son coeur était tout noir par la faute de la pollution de l'air atmosphérique de son quartier. Je quitte les cadres moyens et les petites gens pour aller plus haut: les en haut de en haut comme on les appelle ici. Ils se reconnaissent par leurs véhicules tout terrains, leurs vitres teintées et surtout par les sirènes et le cortège de garde de corps qui vous jettent hors de leur trajectoire: ils ne respectent pas les feux de la circulation. A Cocody où l'occasion m'est donné de les apercevoir souvent, ils ressemblent à des cercueils ambulants, tellement la couleur noire du véhicule s'ajoute au caractère lugubre du sinistre occupant. Comme un coup de vent, ils passent, montrant leur vacuité semblable à la fleur de champ, sans faire de bruit mais ils pensent que la route et le temps leur appartiennent. Au moment où les U.S.A. et l'Europe arrêtent la fabrication de ces véhicules pour celles qui privilégient la bio-thermie et thermo-électricité, nos frères nantis s'offrent les véhicules tous terrains et qui, en Europe et qui aux U.S.A. Si l'Américain qui a du dollard, préfère vendre sa Pajero ou sa Hammer ou autre pour s'acheter une petite voiture qui consomme moins de carburant, l'Africain n'a rien trouvé de mieux que de racheter ce cadeau empoisonné. Dans un avenir très proche tous ces véhicules seront marqués "à vendre" et l'Afrique, dejà poubelle de l'humanité deviendra le cimetière des voitures indésirables. Mais pourquoi un tel engouement pour ce genre de véhicule? En plus du fait que l'Africain aime paraître, il y a une vérité qui ne trompe personne: nous n'avons plus de routes en bon état. Nous passons plus de temps à éviter les trous sur la route qu'à conduire. Souvent il nous est impossible de les éviter et nous tombons dedans, en priant pour ne pas tomber trop profond. Parfois, par temps de pluie ou par mauvaise électrification, nos amortisseurs ou autres joints de freins volent en éclats. Un ami me confiait un jour, qu'en rentrant chez lui, un soir de pluie, vers la P.I.S.A.M., il voyait que tous les véhicules qui le précédaient, à un endroit précis, ralentissaient et déviaient avant de reprendre la droite ligne. Trouvant cette déviation stupide, il décida de gagner du temps en allant plus vite, par le raccourci, mais grande fut sa désillusion. Un grand ravin l'attendait là. Et les dépenses et la récupération de la voiture... Il est à présent temps de revenir à notre seconde partie. 2. LE VRAI SENS DE LA VOITUREJ'ai souvenir d'un beau texte de Robert Littell, de son ouvrage Read America first en classe de 2è où l'auteur nous fit découvrir Henry Ford. Pour cet auteur, Ford est peut-être l'un des exemples les plus intéressants et les plus lointains, de ce que dans le monde, un homme puisse avoir une idée fixe qui ne le quitta jamais. Il y a longtemps que cette idée habita Ford. Il s'est dit un jour: "Je vais construire un véhicule pour le commun des hommes", car il est évident que ce sont seulement les riches qui peuvent se procurer un véhicule de son temps. Henry Ford, ce fils de fermier qui devint l'une des plus grandes figures de l'industrie automobile, trnasforma, par les techniques de production de masse, la voiture, du jouet de l'homme riche, en une force sociale. En 1913, Ford institua le système du travail à la ligne. Les différentes pièces du véhicule continuaient leur chemin, la courroie de transmission passait devant les travailleurs qui n'avaient chacun à poser, la pièce qui lui revenait. Par cette méthode, le pris de base du fameux modèle T tomba de 950 dollards U.S à 360 dollards. Dans le même temps, Ford éleva les salaires journaliers de 2.40 dollards U.S à 5 dollards et réduisit les heures de travail de 9 à 8 . Le résultat fut que les masses devinrent elles aussi propriétaires de véhicules. En 1914, la production annuelle des véhicules s'éleva aux U.S.A à 569.000. EN 1929 il fut de 5.621.000. L'exemple de l'Usine Ford est une prophétie qui s'est parfaitement accomplie qui dit que pour bien prospérer dans la vie, il faut faire du bien et procurer de la joie à la multitude. La voiture a été la plus belle invention de ce siècle. Elle le sera davantage si elle continue d'unir les hommes, de rapprocher les distances qui les sépare, de rassembler ce qui est dispersé. L'homme est un créateur, Dieu lui a donné la possibilité de l'imiter. En fabriquant la voiture, l'homme imite Dieu. Il lui faut de ce fait rendre grâce à Dieu, pour toutes ces générations jusqu'à aujourd'hui afin de réaliser les merveilles d'aujourd'hui. Mais pourquoi tant de méfiances autour de la voiture? Une de mes connaissances qui habite les Deux Plateaux, m'a dit avoir peur de rendre visite à ses parents qui habitent Akromian-Bla, parce qu'il a peur d'être victime d'un braquage de voiture? Pourquoi tant d'isolence des Rebfondateurs(Rebellion+Refondateurs) dans leurs véhicules alors que nous sommes encore en guerre? Sirènes et cortèges de véhicules qui ne s'arrêtent à aucun feu de signalisation, et qui vous dégagent de la route. Conduire une voiture, c'est avoir l'esprit toujours en prière, pour éviter de prononcer de gros mots. Philosopher au volant d'une voiture. Tout dépend de ce qu'on écoute au volant. Certaines radios étrangères par leurs commentaires et leurs spots publicitaires pourraient vous donner l'hypertension. Chaque véhicule, chaque route devrait êtreun sujet de méditation. Il y a l'égoïsme des chaffeurs sur les routes qui occupent la route si toute la chaussée leur appartenait. Souventefois, en voyant de personnes me dépasser, je me suis demander s'ils pensaient que leurs freins pouvaient un jour lâcher. Certaines routes, certains recoins de routes me rappelaient certaines pannes sèches de voiture, certains ennuis mécaniques... CONCLUSIONSi je devais conclure cet article, j'aurais une pensée spéciale pour tous nos mécaniciens ou garagistes. Y-a-t-il une différence? Je pense que oui. La plupart de ces personnes sont des garagistes et non des mécaniciens. Les mécaniciens sont ceux qui ont étudier la mécanique et qui ne se contentent pas seulement de changer les pièces de votre véhicule. Mlle Gnagne Arlette est l'une d'entre elle. Elle a étudié la mécanique à Jacqueville. D'elle j'ai appris un jour que la voiture est comme un corps humain dont nous devons prendre soin. Au moindre bobo il faut voir votre mécanicien. N'attendons pas les grandes pannes, mais soyons attentifs au moindre toussotement de nos véhicules, au moindre rhume. Je termine donc par ce spot de Renault: "Je rêve d'un monde où l'automobile ne laisse aucune trace sur la planète". Père AKE Patrice Jean, Philosophe O.S.E.R.INTRODUCTIONRéfléchir sur la voiture aujourd'hui, c'est replonger dans mon enfance, où déjà comme un enfant je fabriquais des voitures. De ce temps-là j'ai d'abord été ouvrier d'usine, regardant les grands frères du quartier plus expérimentés, à l'oeuvre: je redressais les barbelés que la fortune nous laissait, simples clôtures des maisons, à l'insu des propriétaires. Je découpais les caoutchoucs, devant servir à attacher les fers pour les assemblages. Puis d'observateur, simple apprenti, je suis devenu fabriquant et vendeur. Au quartier résidentiel de Marcory, l'enfant du Groupement Foncier(G.F.C.I.) arrivait à décrocher de grandes commandes. Parfois le véhicule que je conduisais pouvait plaire au fils d'un Européen qui me payait cash...Je repartais alors heureux. Ou bien lui-même m'expliquait ce qu'il voulait et je m'y attelais. Adolescent, je me suis épris des manèges: là aussi je conduisais vraiment, mais il fallait de l'argent que les parents ne nous donnaient pas toujours. Conduire une voiture, avoir une voiture, c'était d'abord un rêve de tout enfant: j'avais même fait une promesse à ma mère que si je commençais à travailler, je lui offrirais une petite voiture rouge. Promesse que je n'ai pas encore tenue. Quand je suis entré dans la vie religieuse et après ma prise de soutane, les parents, qui n'étaient pas bien informés, ont pensé que le temps était venu pour moi de passer le permis de conduire. J'ai pu l'obtenir mais aucun grand frère et aucune grande soeur ne m'a fait confiance pour la conduite. Je me suis véritablement fait la main en paroisse, avec ma première voiture de fonction. C'est à partir de ce jour que mes frères et soeurs ont arrêté de me donner de l'argent de poche parce que j'étais devenu quelqu'un dans la vie. 1. AVOIR UNE VOITURE EN AFRIQUE, C'EST DEVENIR QUELQU'UNL'Africain d'aujourd'hui pense qu'avoir une voiture c'est être quelqu'un d'important, quelqu'un qui a les moyens de se prendre en charges. En fait, ce sont pas tous ceux qui travaillent qui ont des véhicules. Au-delà du caractère possessif de l'être africain qui ne pense qu'à posséder, j'oserai(o.s.e.r.), ensuite, véritablement le vrai sens de la voiture(c'est l'énigme du titre que je dévoilerai alors en ce moment). Entre l'insolence des cadres d'Angré qui prennent l'Express tous les matins pour se rendre à leur lieu de travail et l'apprenti Gbaka d'Anyama ou d'Abobo qui conduit son premier Gbaka ou son premier taxi, ou son premier wôrô-wôrô, en remplacement de son patron, il n'y a pratiquement aucune différence, sauf le même instinct de domination. Les premiers sont tellement orgueilleux et suffisants, qu'une fois dans l'Express, ces cadres se croient encore à la maison dans leur salon. Qaunt aux seconds nommés, c'est la même démesure: d'abord congénitalement attardés, ils font des accidents spectaculaires qui résument leur intelligence. La façon dont l'avant d'un Gbaka prend la route, lors d'un dépasement est l'expression même de leur attardement. Ils sont tout simplement inintelligents. Rustes à souhait, les coxers ne sont pas mieux: ils parlent par onomatopée et paraissent tout le temps comme des drogués. Au niveau de l'environnement, c'est la même catastrophe. Tous ces véhicules empestent comme ce n'est pas possible. Il n'existe aucune norme à la matière. Un de mes amis qui a fait un bilan de santé en Suisse s'est vu interroger sur sa relation à la cigarette. Il était non fumeur mais son coeur était tout noir par la faute de la pollution de l'air atmosphérique de son quartier. Je quitte les cadres moyens et les petites gens pour aller plus haut: les en haut de en haut comme on les appelle ici. Ils se reconnaissent par leurs véhicules tout terrains, leurs vitres teintées et surtout par les sirènes et le cortège de garde de corps qui vous jettent hors de leur trajectoire: ils ne respectent pas les feux de la circulation. A Cocody où l'occasion m'est donné de les apercevoir souvent, ils ressemblent à des cercueils ambulants, tellement la couleur noire du véhicule s'ajoute au caractère lugubre du sinistre occupant. Comme un coup de vent, ils passent, montrant leur vacuité semblable à la fleur de champ, sans faire de bruit mais ils pensent que la route et le temps leur appartiennent. Au moment où les U.S.A. et l'Europe arrêtent la fabrication de ces véhicules pour celles qui privilégient la bio-thermie et thermo-électricité, nos frères nantis s'offrent les véhicules tous terrains et qui, en Europe et qui aux U.S.A. Si l'Américain qui a du dollard, préfère vendre sa Pajero ou sa Hammer ou autre pour s'acheter une petite voiture qui consomme moins de carburant, l'Africain n'a rien trouvé de mieux que de racheter ce cadeau empoisonné. Dans un avenir très proche tous ces véhicules seront marqués "à vendre" et l'Afrique, dejà poubelle de l'humanité deviendra le cimetière des voitures indésirables. Mais pourquoi un tel engouement pour ce genre de véhicule? En plus du fait que l'Africain aime paraître, il y a une vérité qui ne trompe personne: nous n'avons plus de routes en bon état. Nous passons plus de temps à éviter les trous sur la route qu'à conduire. Souvent il nous est impossible de les éviter et nous tombons dedans, en priant pour ne pas tomber trop profond. Parfois, par temps de pluie ou par mauvaise électrification, nos amortisseurs ou autres joints de freins volent en éclats. Un ami me confiait un jour, qu'en rentrant chez lui, un soir de pluie, vers la P.I.S.A.M., il voyait que tous les véhicules qui le précédaient, à un endroit précis, ralentissaient et déviaient avant de reprendre la droite ligne. Trouvant cette déviation stupide, il décida de gagner du temps en allant plus vite, par le raccourci, mais grande fut sa désillusion. Un grand ravin l'attendait là. Et les dépenses et la récupération de la voiture... Il est à présent temps de revenir à notre seconde partie. 2. LE VRAI SENS DE LA VOITUREJ'ai souvenir d'un beau texte de Robert Littell, de son ouvrage Read America first en classe de 2è où l'auteur nous fit découvrir Henry Ford. Pour cet auteur, Ford est peut-être l'un des exemples les plus intéressants et les plus lointains, de ce que dans le monde, un homme puisse avoir une idée fixe qui ne le quitta jamais. Il y a longtemps que cette idée habita Ford. Il s'est dit un jour: "Je vais construire un véhicule pour le commun des hommes", car il est évident que ce sont seulement les riches qui peuvent se procurer un véhicule de son temps. Henry Ford, ce fils de fermier qui devint l'une des plus grandes figures de l'industrie automobile, trnasforma, par les techniques de production de masse, la voiture, du jouet de l'homme riche, en une force sociale. En 1913, Ford institua le système du travail à la ligne. Les différentes pièces du véhicule continuaient leur chemin, la courroie de transmission passait devant les travailleurs qui n'avaient chacun à poser, la pièce qui lui revenait. Par cette méthode, le pris de base du fameux modèle T tomba de 950 dollards U.S à 360 dollards. Dans le même temps, Ford éleva les salaires journaliers de 2.40 dollards U.S à 5 dollards et réduisit les heures de travail de 9 à 8 . Le résultat fut que les masses devinrent elles aussi propriétaires de véhicules. En 1914, la production annuelle des véhicules s'éleva aux U.S.A à 569.000. EN 1929 il fut de 5.621.000. L'exemple de l'Usine Ford est une prophétie qui s'est parfaitement accomplie qui dit que pour bien prospérer dans la vie, il faut faire du bien et procurer de la joie à la multitude. La voiture a été la plus belle invention de ce siècle. Elle le sera davantage si elle continue d'unir les hommes, de rapprocher les distances qui les sépare, de rassembler ce qui est dispersé. L'homme est un créateur, Dieu lui a donné la possibilité de l'imiter. En fabriquant la voiture, l'homme imite Dieu. Il lui faut de ce fait rendre grâce à Dieu, pour toutes ces générations jusqu'à aujourd'hui afin de réaliser les merveilles d'aujourd'hui. Mais pourquoi tant de méfiances autour de la voiture? Une de mes connaissances qui habite les Deux Plateaux, m'a dit avoir peur de rendre visite à ses parents qui habitent Akromian-Bla, parce qu'il a peur d'être victime d'un braquage de voiture? Pourquoi tant d'isolence des Rebfondateurs(Rebellion+Refondateurs) dans leurs véhicules alors que nous sommes encore en guerre? Sirènes et cortèges de véhicules qui ne s'arrêtent à aucun feu de signalisation, et qui vous dégagent de la route. Conduire une voiture, c'est avoir l'esprit toujours en prière, pour éviter de prononcer de gros mots. Philosopher au volant d'une voiture. Tout dépend de ce qu'on écoute au volant. Certaines radios étrangères par leurs commentaires et leurs spots publicitaires pourraient vous donner l'hypertension. Chaque véhicule, chaque route devrait êtreun sujet de méditation. Il y a l'égoïsme des chaffeurs sur les routes qui occupent la route si toute la chaussée leur appartenait. Souventefois, en voyant de personnes me dépasser, je me suis demander s'ils pensaient que leurs freins pouvaient un jour lâcher. Certaines routes, certains recoins de routes me rappelaient certaines pannes sèches de voiture, certains ennuis mécaniques... CONCLUSIONSi je devais conclure cet article, j'aurais une pensée spéciale pour tous nos mécaniciens ou garagistes. Y-a-t-il une différence? Je pense que oui. La plupart de ces personnes sont des garagistes et non des mécaniciens. Les mécaniciens sont ceux qui ont étudier la mécanique et qui ne se contentent pas seulement de changer les pièces de votre véhicule. Mlle Gnagne Arlette est l'une d'entre elle. Elle a étudié la mécanique à Jacqueville. D'elle j'ai appris un jour que la voiture est comme un corps humain dont nous devons prendre soin. Au moindre bobo il faut voir votre mécanicien. N'attendons pas les grandes pannes, mais soyons attentifs au moindre toussotement de nos véhicules, au moindre rhume. Je termine donc par ce spot de Renault: "Je rêve d'un monde où l'automobile ne laisse aucune trace sur la planète". Père AKE Patrice Jean, Philosophe INVITATION TO DINE WITH GOD"You are cordially invited to dine with God." Imagine receiving such an invitation! As he often does, Jeus uses a parable to convey who God is and what God wants for us. Jesus'choice of a banquet as a symbol is not an arbitrary one, but one that best describes what the reign of God is like. Who does not enjoy the intimacy, warth and inclusion of a meal? We share not only food, but who we are with friends and family. The history of salvation is one of invitations given and rejected. The prophets came and people did not listen. Jesus came and people still did not listen. They preached a life beyond the present, with God offering the intimacy and lavish love of a banquet. All are invited, Jews, Gentiles, the worthy and the un worthy. Some understand the message, but cannot accept with their hearts. After all, conversion is not an intellectual exercise, but a journey of the heart. Going to the banquet means examining priorities and placing life with God at the top. As followers of the messenger, we continue to bring the message of God's unconditional love and desire for an intimate relationship. Are we willing to accept the invitation to the banquet of a lifetime? Are we willing to bring the message to others hungry for such a meal? Father AKE Patrice, UCAO-UUA September 17 Mgr DJABLA N'est plusL’archidiocèse de Gagnoa est en deuil. Mgr Barthémy Djabla n’est plus. l’archevêque de cette province ecclésiastique qui était par ailleurs administrateur apostolique du diocèse de San-Pedro depuis la mort de Mgr Paulin Kouabenan, est décédé hier aux environs de 14h30 à la Pisam à l’âge de 72 ans. Selon le secrétaire du défunt, l’abbé Emile Kélignon, le prélat souffrait d’une attaque cérébrale, de sources médicales. Il avait été admis dans cette polyclinique depuis le 9 août dernier. Après plusieurs jours dans le coma, le malade avait commencé à donner des signes d’espoir quand, finalement, il a rendu l’âme. Mgr Djabla était évêque de San-Pedro depuis 1990, avant d’être nommé archevêque de Gagnoa il y a trois ans.
HARVEST TIMEHarvest time. Thanksgiving is almost upon us. Today we receive sombre messages from the Lord's vineyard. Paraphrased, the woeful messages seem clear: "Woe to those vines that sour grapes.' and 'Woe to the unfaithful tenants of my vineyard.' Fortunately, it is possible to understand this passage in a positive light. Both the vines in the first reading and the tenants in the gospel are recipients of God's abundant love. All the conditions for growth are present in the first reading - a fertile hill cleared of stones, choice vines, a watch-tower, a wine vat. God is indeed a gracious giver. In the gospel, the landowner(God) sends all manner of messenger to his tenants. He yearns for them to understand his message, first sending slave and finally sending his most precious son. Are we, the present vines and tenants of the Lord's vineyard, aware of his most gracious love? Do we have eyes to see and ears to hear all the gifts God sends our way or are we most often deaf and sightless? The readings today call us, "Wake up! Wake up, chosen vines and royal tenants! produce fruit worthy of the kingdom of God. Wake up and recognize the great love showered upon you." Father AKE Patrice, UCAO-UUA's Vice-president September 16 MARY The Hope of the WorldWhen the first hours of the day are already beginning to weigh us down with fatigue, our availability and our generosity are renewed by the contemplation of Mary's 'yes'. This clear and unreserved 'yes'". "While sin divides, separating us from one another", he continued, "Mary's purity makes her infinitely close to our hearts, attentive to each of us and desirous of our true good. You see it here in Lourdes, as in all Marian shrines; immense crowds come thronging to Mary's feet to entrust to her their most intimate thoughts, their most heartfelt wishes". "Mary shows us the right way to come to the Lord, ... in truth and simplicity. Thanks to her, we discover that the Christian faith is not a burden: it is like a wing which enables us to fly higher, so as to take refuge in God's embrace". "Here, close to the grotto, and in intimate communion with all the pilgrims present in Marian shrines and with all the sick in body and soul who are seeking relief, we bless the Lord for Mary's presence among her people, and to her we address our prayer in faith: "Holy Mary, you showed yourself here one hundred and fifty years ago to the young Bernadette, you 'are the true fount of hope' Faithful pilgrims who have gathered here from every part of the world, we come once more to draw faith and comfort, joy and love, security and peace, from the source of your Immaculate Heart. 'Monstra Te esse Matrem'. Show yourself a Mother for us all, O Mary! And give us Christ, the hope of the world!"
Benedict XVI MARY The Hope of the WorldWhen the first hours of the day are already beginning to weigh us down with fatigue, our availability and our generosity are renewed by the contemplation of Mary's 'yes'. This clear and unreserved 'yes'". "While sin divides, separating us from one another", he continued, "Mary's purity makes her infinitely close to our hearts, attentive to each of us and desirous of our true good. You see it here in Lourdes, as in all Marian shrines; immense crowds come thronging to Mary's feet to entrust to her their most intimate thoughts, their most heartfelt wishes". "Mary shows us the right way to come to the Lord, ... in truth and simplicity. Thanks to her, we discover that the Christian faith is not a burden: it is like a wing which enables us to fly higher, so as to take refuge in God's embrace". "Here, close to the grotto, and in intimate communion with all the pilgrims present in Marian shrines and with all the sick in body and soul who are seeking relief, we bless the Lord for Mary's presence among her people, and to her we address our prayer in faith: "Holy Mary, you showed yourself here one hundred and fifty years ago to the young Bernadette, you 'are the true fount of hope' Faithful pilgrims who have gathered here from every part of the world, we come once more to draw faith and comfort, joy and love, security and peace, from the source of your Immaculate Heart. 'Monstra Te esse Matrem'. Show yourself a Mother for us all, O Mary! And give us Christ, the hope of the world!"
Benedict XVI September 13 HARMONY AND TRANSCENDENCEHARMONY AND TRANSCENDENCEINTRODUCTIONThe last half century might be said to have been marked especially by the march of mankind toward freedom. From the famous “Long March” of Chinese lore in the thirties, to the “march on Washington” by Martin Luther King in the sixties, to the world-wide social reforms in the eighties, the aspiration of freedom has electrified hearts, evoked great sacrifices and definite human progress in our age. This suggests that we might helpfully reflect upon society and the relation of the person thereto by focusing upon the different notions of freedom and attempting to see the implication of each for life in society. In this context, new appreciation may prove possible of the special contribution that African’s spirit can make to our times. The paper will proceed by first considering three basic and successive notions of freedom which have emerged in the tradition of Western philosophy: (1) choice as a minimal sense of freedom found in classical British philosophies of the liberal tradition and common in our day ;( 2) Kant’s formal sense of freedom ;( 3) Kant’s development of an integrating aesthetic view. It will then consider how the third of these can be enhanced by the African philosophical traditions, and hence the essential contribution which African’s spirit can make to the effort of Africa to integrate science and democracy in this century. LEVELS OF FREEDOMLEVEL I: EMPIRICAL FREEDOM: TO CHOOSE WHAT ONE WANTSAt the beginning of the modern stirrings for democracy John Locke perceived a crucial need. If decisions were to be made not by the king, but by the people, the basis for these decisions had to be equally available to all. To achieve this Locke proposed that we suppose the mind to be a white paper void of characters and ideas, and then follow the way in which it comes to be furnished. To keep this public he insisted that it be done exclusively via sense experience, that is, either by sensation or by reflection upon the mind’s work on the materials derived from the senses[1]. From this, David Hume concluded that all objects of knowledge which are not formal tautologies must be matters of fact. Such “matters of fact” are neither the existence or actually of a thing nor its essence, but simply the determination of one from a pair of sensible contraries, e.g. white rather than black, sweet rather than sour[2]. The restrictions implicit in this appear starkly in Rudolf Carnap’s “Vienna Manifesto” which shrinks the scope of meaningful knowledge and significant discourse to describing “some state of affairs” in terms of empirical “sets of facts”. This excludes speech about wholes, God, the unconscious or entelechies; the grounds of meaning as well as all that transcends the immediate content of sense experience are excluded. In such terms it is not possible to speak of appropriate or inappropriate goals or even to evaluate choices in relation to self-fulfillment. The only concern is which objects among the sets of contraries I will choose by brute, changeable and even arbitrary will power, and whether circumstances will allow me to carry out that choice. Such choices, of course, may not only differ from, but even contradict the immediate and long range objectives of other persons. This will require compromises and social contracts in the sense of Hobbes; John Rawles will even work out a formal set of such compromises[3]. Throughout it all, however, the basic concern remains the ability to do as one pleases. This includes two factors. The first is execution by which my will is translated into action. Thus, John Locke sees freedom as “being able to act or not act, according as we shall choose or will[4]”; Bertrand Russell sees it as “the absence of external obstacles to the realization of our desires.[5]” The second factor is individual self-realization of our desires understood simply as the accomplishment of one’s good as one sees it. This reflects one’s personal idiosyncrasies and temperament, which in turn reflect each person’s individual character. In these terms, Mortimer Adler points out in his study of freedom at the institute for Philosophical Research one’s goal can be only what appeals to one, with no necessary relation to real goods or to duties which one ought to perform[6]. “Liberty consists in doing what one desires[7],” and the freedom of a society is measured by the latitude it provides for the cultivation of individual patterns of life[8]. If there is any ethical theory in this it can be only utilitarian, hopefully with enough breadth to recognize other people and their good as well as one’s own. In practice, over time this comes to constitute a black-hole of self-centered consumption of physical goods in which both nature and person are consumed, this is the essence of consumerism. This first level of freedom is reflected in the contemporary sense of “choice” in North America. As a theory, this is underwritten by a pervasive series of legal precedents following Justice Holmes’notion of privacy, which now has come to be recognized as a constitutional right. In the American legal system the meaning of freedom has been reduced to this. It should be noted that this derived from Locke’s political decision (itself an exercise of freedom) to focus upon empirical knowledge or concern. Its progressively rigorous implementation, constitute an ideology in the sense of a selected and restrictive vision which controls minds and reduces freedom to willfulness. In this perspective liberalism is grossly misnamed, and itself calls for a process of liberation and enrichment. LEVEL II. FORMAL FREEDOM: TO CHOOSE AS ONE OUGHTKant provides the basis for another, much richer, notion of freedom which Mortimer Adler has called “acquired freedom of self-perfection.” It acknowledges the ability of the human being to transcend the empirical order and to envisage moral laws and ideals. This direction has been taken by such philosophers as Plotinus, Spinoza and Bradley who understood all in terms of ideal patterns of reason and of nature. For Kant freedom consists not in acting merely as one pleases, but in willing as one ought, whether or not this can be enacted.[9] Morals standards are absolute and objective, not relative to individual or group preferences.[10] How they can remain nevertheless autonomous emerges in the evolution of Kant’s three critiques. In his first Critique of Pure Reason, Kant developed a theory of knowledge for the universal and necessary laws of the physical sciences. Reductionist philosophies such as positivism are happy to leave the matter there, for the necessity of the sciences gives control over one’s life, while their universality extends this control to others. If Kant’s categories could lend rational order to the random empirical world of facts, then positivism could achieve Descartes’s goal of walking with confidence in the world. For Kant, however, this simply will not do. Clarity which comes at the price of necessity may be acceptable and even desirable for works of nature, but it is an appalling way to envisage human life. Hence, in his Foundations of the Metaphysics of Morals, Kant proceeds to identify that which is distinctive of the moral order. His analysis pushes forcefully beyond utilitarian goals, inner instincts and rational (scientific) relationships – precisely beyond the necessitated order which can be constructed in terms of his first Critique. None of these recognizes that which is distinctive of the human person, namely, freedom. For Kant, in order for an act to be moral it must be based upon the will of the person as autonomous, not heteronymous or subject to others or to necessary external laws. This becomes the basic touchstone of his philosophy; every thing he writes thence forward will be adapted thereto, and what had been written before will be recontextualized in this new light. The remainder of his Foundations and his second Critique of Practical Reason will be composed in terms of freedom. Later his third Critique of the Faculty of Judgment will be written in order to provide a context that enables the previous two critiques to be read in a way that protects human freedom. In the Foundations he recasts the whole notion of law or moral rule in terms of freedom. If all must be ruled or under law, and yet in order to be free the moral act must be autonomous, then my maxim must be something which as a moral agent I – and no other – give to myself. This, in turn, has surprising implications, for if the moral order must be universal, then my maxim which I dictate to myself must be fit to be also a universal law for all persons.[11] On this basis freedom emerges in a clearer light. Is not the self-centered whimsy of the circumstantial freedom of self-realization described above; but neither is it a despotic exercise of the power of the will; finally, it is not the clever self-serving eye of Plato’s rogue.[12]Rather, as the highest reality in all creation, freedom is power that is wise and caring, opens to all and bent upon the realization of “the glorious ideal of a universal realm of ends-in-themselves.” It is, in sum, free men living together in righteous harmony.[13] LEVEL III. EXISTENTIAL FREEDOM: AESTHETIC HARMONYDespite its central importance, I will not remain longer on practical reason because it is rather in the third Critique of the Faculty of Judgment that Kant provides the needed context for such harmony.[14] In so doing he approaches the aesthetic sensibility of African’s spirit in articulating the cosmic significance of freedom. Kant is intent not merely upon uncovering the fact of freedom, but upon protecting and promoting it. Ha faces squarely the modern person’s most urgent questions. How can this newly uncovered freedom survive when confronted with the necessity and universality of the realm of science – and its implications for technology – as understood in the Critique of Pure Reason? Will the scientific interpretation of external nature force free-dom back into the inner realm of each person’s heart where it would be reduced at beast to good intentions or good feelings towards others? When we attempt to act in this world or to reach out to others must all our categories be universal and hence insensitive to that which marks others as unique and personal; must they be necessary, and hence no room for creative freedom? If so then public life can be only impersonal, necessitated, repetitive and stagnant. Must the human spirit be reduced to the sterile content of empirical facts or to the necessitated modes of scientific laws? If so then philosophers cannot escape what for wisdom is a suicidal choice between either being traffic directors in the jungle of unfettered competition or sharing tragic complicity in setting a predetermined order for the human spirit. Freedom would indeed have been killed and would pulse no more as the heart of humankind. Before this threat Kant’s answer was a resounding: No! Taking as his basis the reality of freedom – so passionately and often tragically affirmed in our lifetime by Gandhi and Martin Luther King – Kant proceeded to develop his third Critique of the Faculty of Judgment as a context within which freedom and scientific necessity could coexist, indeed in which necessity would be the support and instrument of freedom. For this Kant found it necessary to distinguish two issues as reflected in the two parts of his third Critique. In the “Critique of theological Judgment[15]”he acknowledges that nature and all reality must be teleological, for if there is to be room for human freedom in a cosmos in which one can make use of necessary laws, if science is to contribute to the exercise of human freedom, then nature too must be directed toward a goal and manifest throughout a teleology with which free human purpose can be integrated. In these terms nature, even in its necessary and universal laws, is no longer alien to freedom, but expresses divine freedom and is concealable with human freedom. The structure of his first Critique will not allow Kant to affirm this teleological character as a metaphysical reality, but he recognizes that we must proceed “as if” all reality is teleological precisely because of the undeniable reality of human freedom in an ordered universe. If, however, teleology in principle provides the needed space, there remains a second issue of how freedom is exercised, namely, what mediates it to the necessary and universal laws of science? This is the task of “Critique of Aesthetic Judgment[16]”where the imagination plays the key integrating role in enabling a free person to relate to a necessary order of nature and to given structures in society in ways that are neither necessitated nor necessitating. There is something similar here to the Critique of Pure Reason. In both, the work of the imagination in assembling phenomena is not simply to register, but to produce the objective order. As in the first critique the approach is not from a set of a priori principles which are clear all by themselves and are in order to bind the multiple phenomena into a unity. On the contrary, under the rule of unity the imagination orders and reorders the multiple phenomena until they are ready to be informed by a unifying principle whose appropriateness merges from the reordering carried out by the productive imagination. In the first Critique, however, the productive work was done in relation to the abstract and universal categories of the intellect and carried out under a law which dictated that phenomena must form a unity. Hence, although it was a human product, the objective order was universal and necessary and the related sciences were valid both for all things and for all people[17]. In the “Critique of the Aesthetic Judgment”, in contrast, the imagination in working toward an integrating unity is not confined by the necessitating structures of categories and concepts, but ranges freely over the full sweep of reality in all its dimensions to see whether relatedness and purposiveness can emerge. Hence, in standing before a work of nature or of art it might focus upon light or form, sound or word, economic or interpersonal relations – or, indeed, upon any combination of these in a natural environment or a society, whether encountered concretely or expressed in symbols. Throughout all of this the ordering and reordering by the imagination can bring about numberless unities. Unrestricted by any a priori categories, it can integrate necessary dialectical patterns within its own free and therefore creative production, and scientific universals within its unique concrete harmonies. This properly creative work of the human person in this world extends the realm of human freedom to the whole of reality. For this harmony is appreciated not merely intellectually in terms of its relation to a concept or schema (the first Critique), nor morally in relation to the force of a just will (the second Critique), but aesthetically by the pleasure or displeasure of the free response it generates. What manifests whether a proper and authentic ordering has or has not been achieved is not a concept[18], but the pleasure or displeasure, the elation at the beautiful and sublime or the disgust at the ugly and revolting, which flows from our contemplation or reflection. One could miss the integrating character of this pleasure or displeasure and its related judgment of taste[19]. This would be so if one looked at it ideologically as simply a repetition of past tastes in order to promote stability, or reductively as merely an interior and purely private matter at a level of consciousness available only to an elite class or related only to an esoteric band of reality. That would ignore the structure which Kant laid out at length in his first “Introduction” to his third Critique[20]. He noted there that he conceived this third critique not as merely juxtaposed to the first two critiques of pure and practical reason, but as integrating both in a richer whole. This opens a rich prospect for freedom in society. It need no longer be simply the capacity of the individual to gather goods about oneself, nor at the second level of freedom to set universal laws. Beyond this it is the capacity creatively to integrate both of these in a process of shaping one’s personal and social life in a unique and beautiful manner. In society this, indeed, becomes the reality of culture. Let us look more closely at this with special attention to the contribution African’s people can make to this challenge of the exercise of social life through technology. A suivre…. Father AKE PATRICE JEAN
AFRICAN CULTURE AND FREEDOM IN A TECHNOLOGICAL SOCIETY
[1] John LOCKE.- An Essay Concerning Human Understanding (New York: Dover, 1959), Book, Chap. I, Vol. I, 121-124 [2] David HUME.- An Enquiry Concerning Human Understanding (Chicago: Regnery, 1960) [3] The Theory of Justice (Cambridge : Havard Univ. Press, 1971) [4] An Essay Concerning Human Understanding A.C. Fraser, ed. (New York: Dover, 1959), II, ch. 21, sec. 27; vol. 1, p. 329 [5] Skeptical Essays (London : Allen 1 Unwin, 1952), p. 169 [6] Mortimer J. ADLER.- The Idea of Freedom: A Dialectical Examination of the Conceptions of Freedom (Garden City, New York, Doubleday, 1958), p. 187. [7] J. S. MILL.- On Liberty, ch. 5, p. 15 [8] ADLER, p. 193 [9] Ibid., p. 253. [10] Ibid., p. 257. [11] Immanuel KANT.- Foundations of the Metaphysics of Morals, trans. R.W. Beck (New York: Bobbs-Merrill, 1959), Part II, pp. 38-58 [ 421-441] [12] PLATO.- Republic 519 [13] Foundations, III, p. 82 [463] [14] Cf. Hans Georg GADAMER.- Truth and Method (New York: Crossroads, 1982), Part I, pp. 1-2, pp. 39-73; and W. Crawford, espec. Ch. 4. [15] Immanuel KANT.- Critique of Judgment, trans. J.H. Bernard (New York: Hafner, 1968), pp. 205-339 [16] Ibid., pp. 37-200 [17] Immanuel KANT.- Critique of Pure Reason, trans. N.K. Smith (London: Macmillan, 1929), A 112, 121, 192-193. Donald W. Crawford.- Kant’s Aesthetic Theory (Madison: University of Wisconsin, 1974), pp. 83-83, 87-90. [18] See Kant’s development and solution to the autonomy of taste, Critique of Judgment, nn. 57-58, pp. 182-192, where Kant treats the need for a concept; Crawford, pp. 63-66. [19] See the paper of Wilhem S. Wurzer “On the Art of Moral Imagination” in G. McLean, ed., Moral Imagination and Character Development (Washington: The Council for Research in Values and Philosophy, 1991), for an elaboration of the essential notions of the beautiful, the sublime and the taste in Kant’s aesthetic theory. [20] Immanuel Kant.- First Introduction to the Critique of Judgment, trans. J. Haden (New York: Bobbs-Merrill, 1965) September 09 L'esprit africain veut se réaliserL'ESPRIT AFRICAIN VEUT SE REALISER, C'EST-A-DIRE S'EXPRIMER DANS LE MONDE, POUR S'ACCOMPLIR LUI-MEME ET TRANSFORMER CE MONDESUMMARYin the second part, I'll try to explain the African spirit in action. The spirit comme into an action specially in the family. Africian are always in relation(family, age groupes...) Prosperity is in God, sa Africain share all things they possesse. They aren't selfish persons. INTRODUCTIONL'esprit africain, dans cette seconde partie veut se réaliser, c'est-à-dire s'exprimer dans le monde, pour s'accomplir lui-même et transformer ce monde. C'est la seconde dimension de l'esprit africain, la dimension de la décision. Nous pouvons l'ilustrer dans Platon(République, Lois) mais aussi dans l'Ethique à Nicomaque d'Aristote où la sphère de la nature et du corps est moralisée. Finalement on retrouve cet esprit de décision aussi dans la philosophie occidentale moderne. LE SENS VITAL DE L'ESPRIT AFRICAINDu point de vue vital, l'esprit africain est principe d'action, source fondamentale de l'activité humaine, et par conséquent, il lui donne une orientation générale, sa couleur d'ensemble. Ici l'esprit africain s'oppose à la chair, considérée elle-même comme un principe mauvais d'action, mais aussi s'oppose à un monde de rapports sociaux injustes. L'esprit africain d'aujourd'hui ce sont tous ces jeunes privés d'avenir dans leur pays et qui se tournent vers l'Europe au risque de leurs vies et que l'on repêche chaque jour, transis de froid aux abords des côtes de la Méditerranée, décimés par le froid et la maladie. ce sont les ouvriers d'usine, qui, pour avoir revendiqué des salaires plus justes, ont été renvoyés, persécutés, portés disparus. L'esprit africain ce sont tous ces enfants qui mangent des aliments avariés provenant des ordures, des familles qui dorment sous des baraques de bois et de cartons et de boîtes de conserve. Il s'oppose donc à tous ces forces de morts, tous ces marginaux de nos villes et de nos campagnes. L'esprit africain s'oppose à toutes les institutions qui oppriment les humbles, il décrit tous les systèmes économiques et idéologiques qui engendrent le mal, parce que ce sont des structures d'exploitation. Ainsi l'Africain distingue entre bon esprit et mauvais esprit. Pour lui, vivre en esprit et selon la volonté de Dieu c'est la même chose. L'esprit est essentiellement principe de vie. Il y a chez l'Africain deux principes d'action: l'une est néfaste, le mauvais esprit; l'autre est le bon esprit. L'esprit est la main de Dieu, le lieu où l'instrument de l'action. Il est en outre le centre de gravité de l'homme et se trouve en dehors de lui. Mais quels sont les principes qui régissent son action? L'esprit africain a surtout le principe de communion dans lequel il se réalise véritablement. Les lieux de réalisations sont la famille, les relations humaines. Une personne en Afrique se trouve réellement vivante et épanouie que dans la relation; sans la relation, la personne tend vers l'anéantissement. Ainsi l'homme sans parents est la proie des vautours et l'isolement tue la personne. C'est croyons-nous l'intuition fondamentale sur laquelle est basé l'esprit africain. Seuls, les êtres humains sont risqués, peu solides; ensemble, par échange, en relation, ils se fortifient les uns les autres. Partout en Afrique, on sait filer, tisser, tresser, faire la vannerie; un seul doigt ne peut attraper le pou, nous disent les sages adioukrous. Ou encore, la main droite lave la main gauche et la main gauche lave la main droite. En outre, le fait d'être maudit par sa famille équivaut à une condamnation à mort. A la mort physique d'abord, car l'individu isolé peut difficilement survivre; en tous cas psychiquement, il est étrangement diminué(oute personne de la communication pour être, et pas de n'importe quelle communication; et à la mort métaphysique, au néant, car il n'aura personne pour s'occuper de lui et maintenir la communion. L'esprit africain est fait de relations entre les générations qui se succèdent et entre alliés, la fraternité de sang, la relation de paternité-filiation, la relation aîné-cadet, sont universellement respectées et fournissent des points de référence, à de nombreuses autres relations non familiales. Il y a aussi les alliances par l'échange de sang; les relations de classes d'âge, des personnes ayant participé à la même société sécrète; relations très importantes à telle enseigne, que chez les Africains, un individu chassé de sa classe d'âge est aussi chassé de sa famille. L'esprit africain est un esprit de solidarité. La vie économique est faite de solidarité. L'individu doit partagé, même s'il est nanti, histoire de dire que la richesse est Dieu. L'esprit africain se réalise aussi dans la vie politique qui est faite de relations. Relations de mariage(donation et réception d'épouses), relations de parenté, relations de clientèle, relations de castes, relations de sociétés diverses. L'esprit africain est "ôdem kru" c'est-à-dire qu'il n'accepte pas l'injustice; il a la passion de la justice et ne se laisse pas plier facilement. L'Africain est l'"adjêm-kru" ou mieux" l'"adem-êgŋ-kru" est celui qui ne se plaint pas, qui ne cherche pas des faveurs ou qui ne flatte pas les autres dans un but intéressé, qui croit se suffire. Cela expliquerait pourquoi le plus malheureux africain, maladif, aveugle, pauvre, hait la mendicité et se contente du ravitaillement de ses proches parents. Qui mieux que personne ne veut vivre dans la maladie, la souffre et la mort. C'est pour cela que l'esprit africain est libération de tous ces maux. L'injustice, la guerre, tous les fléaux de la nature ne sont pas accueillis comme des fatalités. Avant de réagir l'Africain veut comprendre le lien de ces actions avec Dieu. C'est dire que l'sprit africain se laisse régir en tout par l'esprit absolu, le logos universel, la norme régulatrice ultime, ou l'un; c'est l'objet de la troisième partie.
September 04 LA REALISATION D'UN PASSEPORT BIOMETRIQUE EN AFRIQUE/TO GET BIOMETRICS PASSPORT IN AFRICASUMMARYTo have identity papers or a biometrics passport in Africa is a Herculean task. In this article, I try to describe all the impassable mazes I find myself before this paper opens doors for me. RESUMESe faire établir une pièce d'identité ou un passeport biométrique en Afrique relève des travaux d'Hercule. Dans cet article, j'essaie de décrire les diverses tribulations dans lesquelles je me suis retrouvé pour l'établissement de cette pièce. INTRODUCTIONNous nous rappelons ce héros de la mythologie grecque nommé Héraclès ou Hercule qui accomplit douze travaux légendaires sur l'ordre d'Eurysthée. Ces travaux légendaires (le lion de Némée, l'hydre de Lerne, le sanglier d'Erymanthe, la biche de Cérynie, les oiseaux du lac Stymphale, les écuries d'Augias, le taureau de Crète, les juments de Diomène, la ceinture de la reine des Amazones, les boeufs de Géryon, le chien Cerbère et les pommes d'or du jardin des Hespérides) furent accomplis par lui avec une force surhumaine. Zeus fit partager à ce héros fabuleux la bienheureuse immortalité des dieux de l'Olympe. Dire de quelqu'un qu'il accomplit des travaux d'Hercule, c'est affirmer qu'il vient de faire une oeuvre titanesque comme celle que j'ai dû effectuer pour obtenir mon passeport, dans la locaux de la Sureté à Abidjan, à la fin du mois d'Août 2008; Ce que je vais dire de la Côte d'Ivoire peut se retrouver dans n'importe quelle capitale d'Afrique. MES TRAVAUX D'HERCULEIl y a trois semaines que la Côte d'Ivoire, ce petit pays d'Afrique de l'Ouest, a pris de l'avance sur les autres pays de la sous-région, en instaurant le passeport biométrique. La publicité qui accompagnait l'événement, avait été bien ficelée par deux des plus grands humoristes du moment. Pour ceux-ci, le passeport biométrique se résumait à des photographies. Après que le Ministre de l'Intérieur eut lancé l'opération, je me suis décidé à me mettre à jour moi aussi. J'ignorais que je m'embarquais dans un entangled web, digne des 12 travaux d'Hercule. Mon lion de Némée, qui a consisté au paiement des 40.000 FCFA, du coût du passeport, ne s'est pas fait sans problème, dans une ECO-BANK de la place. Le transfert des fonds à la sûreté, par Internet, m'a maintenu en haleine pendant plus de 2 heures de temps. J'ai dû abdiquer pour revenir trois jours après. Le reçu d'enrôlement était mon lion de Némée. Les autres travaux (l'hydre de Lerne, le sanglier d'Erymanthe, la biche de Cérynie et les oiseaux du lac Stymphale) ont consisté à établir mon attestation d'identité, mon extrait d'acte de naissance et la photocopie des pièces d'identité de mes parents, mon certificat de nationalité. Muni de tous ces papiers, je n'ai pas pu entrer dans les écuries d'Augias (la Sûreté). Pourquoi? Réveillé depuis 6 heures du matin, je suis arrivé au Plateau à 7 heures, pour constater que depuis 5 heures du matin, les 50 premiers candidats avaient déjà été retenus pour la journée. Après trois tentatives infructueuses, j'ai dû me résigner, à mon for défendant à faire intervenir une connaissance. j'ai donc évité le taureau de Crète qui a consisté à d'autres tribulations: parce que, partis de 5h du matin, pour les travaux des écuries d'Augias, j'ai retrouvé les autres candidats déjà à la peine vers midi. Je signale, en passant que les interventions comme la mienne il y a en eu, au cours de la journée, puisque j'étais le numéro 101. Après réception de mon dossier, je devais faire face aux juments de Diomène (le personnel du www.zetes.com) : elles n'étaient pas prêtes à se montrer. Que faisaient-elles derrière leurs comptoirs. Après un temps relativement long sous la pluie, dehors, me protégeant comme je pouvais avec une chemise cartonné, grâce à une autre intervention, j'ai eu droit à entrer dans la salle d'enrôlement. Les juments ne nous avaient pas toujours appelés. Je me suis donc pendant ce long temps d'attente laissé aller à la réflexion. D'où sortaient toutes ces personnes qui voulaient toutes un passeport biométrique? En ces temps de crise? de vie chère? Pourquoi y a-t-il beaucoup plus de jeunes filles? de noms à consonance nordique? J'ai aussi été témoin de quelques scènes cocasses dignes du Moyen-âge: Une jeune fille se plaignait d'avoir rectifié une erreur sur son nom, lors de la remise du reçu d'enrôlement. Malgré la rectification, la faute a été remise sur le passeport: un "i" avait été ajouté à son nom. Après avoir en vain tempêté, pour parler à une jument de Diomène, un agent de la Surété lui a clairement dit que si elle voulait une rectification, il lui fallait débourser encore 40.000FCFA. une autre Dame a eu la même mésaventure, en ce qui concerne son fils de 8 ans, à qui le sergent enregistreur avait marqué 6 ans. Elle aussi plaidait pour refaire un nouveau passeport. Mais même souffrance, les frais étaient non remboursables. Une autre maman nous racontait avoir été balancée entre deux centres d'enrôlements. Il y avait erreur sur le lieu de naissance de sa fille. D'autres questions surgissent alors de mon esprit: Y a-t-il eu une bonne préparation pour les agents de cette opération? Sont-ils en nombre suffisant pour effectuer ce travail colossal? Travaillent-ils trop? Ou trop peu? Les gène-t-on par nos nombreuses interventions? A 14h, j'attendais encore quand les juments sont sorties des écuries pour aller manger. Il s'agissait de 4 juments et bizarrement elles étaient toutes des jeunes filles. La ceinture de la reine des Amazones a consisté à une prise de photos. Ici aussi, il n'y a qu'une seule cabine photographique et le système parle anglais et personne n'est là pour t'indiquer quoi que ce soit: si le tabouret est trop élevé, le rideau mal tiré, si tu es mal assis... La prise des empreintes digitales, ce sont les boeufs de Géryon. On ne devait pas mettre du temps ici, mais il faut être très patient. car celui qui vous précède peut avoir maille à partir avec ses empreintes: ou bien il transpire trop ou bien l'appareil n'arrive pas à les lire, tout simplement. Alors on passe son temps à frotter ses doigts et le temps s'ajoute au temps. Finalement c'est vers 15 h, que le chien Cerbère, (je devrais dire la chienne Cerbère, c'était une fille) m'a invité à vérifier ma fiche et après cela j'ai quitté les écuries d'Augias au plus vite. Il me reste en ce moment une seule tâche: les pommes d'or du jardin des Hespéries (le retrait du passeport). Au rendez-vous fixé, le document n'était pas encore signé: l'agent nous a dit de revenir dans une semaine. Je pense qu'il aurait dû dire dans un mois. CONCLUSIONJ'ai dû me demander ce que c'était un passeport biométrique. S'il était vraiment infalsifiable? En ausculant le mot "biométrié" je pense à un débat philosophique entre deux sciences la biologie et les mathématiques. Le mathématicien qui aborde la biologie est a priori comparable au néophyte. Or le biologiste attend que le mathématicien lui apporte une clé enchantée qui lui ouvrirait les portes du château merveilleux abritant les secrets de la vie. Certains biologistes récusent même l'emploi des mathématiques en biologie. En fais-je partie? Peut-être? Car je pense que les phénomènes de la vie sont trop subtils, trop complexes. Leur mystère relève d'une logique d'une donnée étrangère au monde physique. Le mystère qui entoure le passeport biométrique ivoirien est d'un tout autre ordre: s'agit-il de renflouer les caisses de l'Etat en cette période de vaches maigres? Cette attitude pragmatique est en tout cas une belle réussite de ce point de vue. quant à l'inviolabilité de ce document, son infalsifiabilté, je n'y crois pas: l'Africain a toujours été un génie dans l'imitation. Il singe tout. Même dans sa nature, il est double et il passe son temps à doubler les autres. Père AKE PATRICE JEAN L'ESPRIT AFRICAIN ENTRE PHILOSOPHIE ET TRANSCENDANCE/AFRICAN SPIRIT BETWEEN PHILOSOPHY AND TRANSCENDENCYRESUMEL'Africain est un être profondément religieux, mais en même temps uni à la nature. Nous pensons qu'aujourd'hui en Afrique, la quête d'une philosophie de l'Esprit authentique peut lui permettre de s'assumer pleinement et de retrouver le sens qui est au coeur du monde, en son milieu. Il pourra compléter sa philosophie de la nature qui le situe en harmonie avec son environnement, par une autre dimension, la dimension métaphysique qui sera sa contribution essentielle à ce monde informatisé et technique. Mais l'Africain, n'a pas besoin de critiquer cette spiritualité par la philosophie pour mieux l'éléver à la transcendance. Il la tire directement de la nature. L'Esprit africain nous apparaîtra alors comme l'expression comme-une de la spiritualité, de la mystique et de la philosophie de l'Esprit. SUMMARYThe African is a very religious person, but, he's a nature lover at the same time. In Africa, accordind to me, the thought of spirit, can allow him to come to terms with himself and he may discover the concept of Mind as the original cause of the world-process. The mixture of practical scientist and theologian will be seen very clearly in his case. But he has to criticize his spiritual doctrine, avoid simpliste solutions. To my mind, the African is filled with the naïveté of wonder and the joy od discovery. Now he must work enough to realise the ultimate synthesis of his philosophy; his spirituality an his mystique INTRODUCTIONEn ce début du XIXè siècle, le monde se sent brusquement pris d'un malaise. La croissance qui était le leitmotiv de notre époque, n'est plus l'unique modèle. L'humanité découvre subitement que l'homme ne peut se résumer qu'à une vie biologique ou à sa production économique. Il a besoin d'une intériorité spirituelle pour faire face à toute cette vacuité que représentent les choses matérielles. Nous découvrons ainsi l'importance de l'esprit qui devient le refuge sûr de l'homme qui est écrasé par le poids de la science et de la tehnique. l'esprit qui était devenu était devenu la chose résiduelle ou dérisoire, ce qui n'était rien de réel et d'objectif, devient aujourd'hui la chose essentielle, qu'il nous faut à présent définir. Pour Claude Bruaire, "l'esprit est d'abord symbolisé par le rythme de la respiration de la vie, le pneuma qui dit l'équilibre du contre courant de l'inspiration et de l'expiration."(1). En clair, l'esprit est la vie, "recueillant l'unité rythmée d'un double mouvement inverse de lui-même et de son énergie."(2). L'esprit est aussi de l'ordre de l'intelligence, "adhérant à l'intelligible dans l'immobile vision ou contemplation."(3). Notre auteur pense, en outre, que pour mieux cerner le rapport de l'esprit à la personne humaine, il faut postuler l'esprit comme un don. l'esprit, en ce sens, ne nous appartient pas en propre; nous pensons qu'il nous est donné. Ce que notre auteur traduit en ses propres termes quand il écrit: "Le propre de l'esprit humain est, adéquatement d'être donné à lui-même."(4) Ou encore, parlant de l'esprit infini, il affirme que ce dernier "est seul adéquat à l'esprit, à l'esprit qui n'est qu'esprit, à l'absolu de l'esprit."(5) Il y a donc un décalage irréductible entre l'Esprit fini et l'absolu de l'Esprit. Claude Bruaire rejoint, finalement la théologie catholique qui affirme, dans sa foi, que l'Esprit-saint est un don d'amour du Père et du Fils qui se donnent l'un à l'autre. En clair, pour Bruaire, l'Esprit "troisième personne, régénatrice de la génération, ruse d'amour du Père et dont l'invincible puissance se couple de l'abnégation silencieuse"(6) Ainsi, l'Esprit qui n'est qu'esprit, fait être ce qui est et qui s'avère Don se donnant sans retour."(7). Qu'en est-il alors de l'esprit africain? L'esprit africain nous transporte dans le climat où "c'est plutôt le cosmos qui est rapporté à l'homme"(8). Il est plutôt une praxis plutôt qu'une théorie, car "une communion se vit, se développe, se défend, se diversifie plutôt qu'elle ne se contemple de l'extérieur"(9). Cet esprit se comprend "dans le mouvement des générations qui se succèdent et doivent renouveler les pactes d'alliances, les relations communautaires"(10). Ici, "tout phénomène peut devenir signe pour l'homme et l'invite à renforcer la communion".(11) L'esprit africain est une vie en communion. C'est le problème de la vie à vivre qui est primordial en Afrique. Cet esprit "s'édifie par et dans les relations aux autres."(12) Il s'agit d'une forme de pensée fortement relationnelle. La co-présence est affaire de vie car elle mobilise toutes les ressources personnelles. La rencontre personnelle est le pain quotidien de l'esprit africain, car la personne consent. La nature, la société est son humus. Dans le climat de l'esprit africain, "tout ce qui arrive peut être un signe que quelqu'un fait à quelqu'un."(13). Pour un esprit africain qui s'interroge sur l'explication microbienne du paludisme, par exemple, la question principale est la suivante: "Mais pourquoi ce moustique m'a piqué?" Ce qui intéresse beaucoup l'Africain, c'est qui manipule les objets, qui a envoyé ce serpent qui m'a mordu? Si l'esprit africain procède aussi à des réductions comme l'européen, celles qui sont importantes pour lui sont celles qui intéressent son relationnisme. Dans celles-ci, il privilégie le symbolisme et le rite et il donne le pas au concret et au vécu. Il veut respecter la diversité et la particularité des sujets lesquels restent les maîtres de la relation. L'esprit africain, finalement dans le domaine religieux et mystique, est plus épris de communion que de contemplation. le dieu se manifeste dans le sujet qu'il a élu et qui entre en transes sous sa motion, et par là il délivre un message aux spectateurs. Dans cet esprit, le mystique vit dans la communion spirituelle. Poser le problème de l'esprit africain entre philosophie et transcendance, c'est faire découvrir les trois dimensions de cet esprit(14). Dans une première partie, nous montrerons que par opposition au monde matériel et à l'animal, l'homme africain se définit par l'esprit, en ce sens qu'il ramène à sa nature d'esprit, comme principe unificateur et dominant, tout ce qui est par ailleurs. En effet, l'esprit africian est ce dynamisme qui va du dispersé à l'unifié, du déchu au redressé, de ce qui est aliéné de soi à ce qui est en lui natif et originel. D'où l'élan de la pensée vers la theria ou la recherche de la vérité de l'existence dans la relation à l'Absolu. Puis dans une seconde partie, l'esprit africain veut se réaliser, c'est-à-dire s'exprimer dans le monde, pour accomplir lui-même et transformer ce monde: c'est la dimension de la décision. Enfin, dans la dernière partie, le sujet humain ne peut se prendre comme norme définitive, car par lui-même, il ne peut s'accmplir lui-même qu'au relatif, à l'imparfait. il faut donc que l'esprit huamin africain se laisse régir par l'Esprit Absolu, le Logos universel, Norme Ultime, l'Un. Cette triple dimension appelle les remarques suivantes: comme nous le voyons, la transcendance ici, part des choses, ce que nous appelons transcendance des choses. Elle aboutit finalement à la transcendance de l'Un. Cette transcendance qui est se recueillir, se convertir à soi, ce aspirer au plus haut que soi, c'est la philosophie. En ce sens, la philosophie est la transcendance même. Mais cette transcendance de l'Un est inatteignable. La philosophie alors qui pense la transcendance, "ne signifie-t-elle pas besoin, manque et nostalgie ou satisfaction, accomplissement ou jouissance?"(15) Ne peut-elle pas penser la transcendance autrement que par le connaître et "dès lors exceller de par cette approche, meilleure que le retour à l'Un et la coïncidence avec l'Unité".(16) Cette^philosophie qui est aussi assignation à responsabilité(17) n'appelle-t-elle pas aussi à une transcendance éthique?
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L'ESPRIT AFRICAIN ENTRE PHILOSOPHIE ET TRANSCENDANCE/AFRICAN SPIRIT BETWEEN PHILOSOPHY AND TRANSCENDENCYRESUMEL'Africain est un être profondément religieux, mais en même temps uni à la nature. Nous pensons qu'aujourd'hui en Afrique, la quête d'une philosophie de l'Esprit authentique peut lui permettre de s'assumer pleinement et de retrouver le sens qui est au coeur du monde, en son milieu. Il pourra compléter sa philosophie de la nature qui le situe en harmonie avec son environnement, par une autre dimension, la dimension métaphysique qui sera sa contribution essentielle à ce monde informatisé et technique. Mais l'Africain, n'a pas besoin de critiquer cette spiritualité par la philosophie pour mieux l'éléver à la transcendance. Il la tire directement de la nature. L'Esprit africain nous apparaîtra alors comme l'expression comme-une de la spiritualité, de la mystique et de la philosophie de l'Esprit. SUMMARYThe African is a very religious person, but, he's a nature lover at the same time. In Africa, accordind to me, the thought of spirit, can allow him to come to terms with himself and he may discover the concept of Mind as the original cause of the world-process. The mixture of practical scientist and theologian will be seen very clearly in his case. But he has to criticize his spiritual doctrine, avoid simpliste solutions. To my mind, the African is filled with the naïveté of wonder and the joy od discovery. Now he must work enough to realise the ultimate synthesis of his philosophy; his spirituality an his mystique INTRODUCTIONEn ce début du XIXè siècle, le monde se sent brusquement pris d'un malaise. La croissance qui était le leitmotiv de notre époque, n'est plus l'unique modèle. L'humanité découvre subitement que l'homme ne peut se résumer qu'à une vie biologique ou à sa production économique. Il a besoin d'une intériorité spirituelle pour faire face à toute cette vacuité que représentent les choses matérielles. Nous découvrons ainsi l'importance de l'esprit qui devient le refuge sûr de l'homme qui est écrasé par le poids de la science et de la tehnique. l'esprit qui était devenu était devenu la chose résiduelle ou dérisoire, ce qui n'était rien de réel et d'objectif, devient aujourd'hui la chose essentielle, qu'il nous faut à présent définir. Pour Claude Bruaire, "l'esprit est d'abord symbolisé par le rythme de la respiration de la vie, le pneuma qui dit l'équilibre du contre courant de l'inspiration et de l'expiration."(1). En clair, l'esprit est la vie, "recueillant l'unité rythmée d'un double mouvement inverse de lui-même et de son énergie."(2). L'esprit est aussi de l'ordre de l'intelligence, "adhérant à l'intelligible dans l'immobile vision ou contemplation."(3). Notre auteur pense, en outre, que pour mieux cerner le rapport de l'esprit à la personne humaine, il faut postuler l'esprit comme un don. l'esprit, en ce sens, ne nous appartient pas en propre; nous pensons qu'il nous est donné. Ce que notre auteur traduit en ses propres termes quand il écrit: "Le propre de l'esprit humain est, adéquatement d'être donné à lui-même."(4) Ou encore, parlant de l'esprit infini, il affirme que ce dernier "est seul adéquat à l'esprit, à l'esprit qui n'est qu'esprit, à l'absolu de l'esprit."(5) Il y a donc un décalage irréductible entre l'Esprit fini et l'absolu de l'Esprit. Claude Bruaire rejoint, finalement la théologie catholique qui affirme, dans sa foi, que l'Esprit-saint est un don d'amour du Père et du Fils qui se donnent l'un à l'autre. En clair, pour Bruaire, l'Esprit "troisième personne, régénatrice de la génération, ruse d'amour du Père et dont l'invincible puissance se couple de l'abnégation silencieuse"(6) Ainsi, l'Esprit qui n'est qu'esprit, fait être ce qui est et qui s'avère Don se donnant sans retour."(7). Qu'en est-il alors de l'esprit africain? L'esprit africain nous transporte dans le climat où "c'est plutôt le cosmos qui est rapporté à l'homme"(8). Il est plutôt une praxis plutôt qu'une théorie, car "une communion se vit, se développe, se défend, se diversifie plutôt qu'elle ne se contemple de l'extérieur"(9). Cet esprit se comprend "dans le mouvement des générations qui se succèdent et doivent renouveler les pactes d'alliances, les relations communautaires"(10). Ici, "tout phénomène peut devenir signe pour l'homme et l'invite à renforcer la communion".(11) L'esprit africain est une vie en communion. C'est le problème de la vie à vivre qui est primordial en Afrique. Cet esprit "s'édifie par et dans les relations aux autres."(12) Il s'agit d'une forme de pensée fortement relationnelle. La co-présence est affaire de vie car elle mobilise toutes les ressources personnelles. La rencontre personnelle est le pain quotidien de l'esprit africain, car la personne consent. La nature, la société est son humus. Dans le climat de l'esprit africain, "tout ce qui arrive peut être un signe que quelqu'un fait à quelqu'un."(13). Pour un esprit africain qui s'interroge sur l'explication microbienne du paludisme, par exemple, la question principale est la suivante: "Mais pourquoi ce moustique m'a piqué?" Ce qui intéresse beaucoup l'Africain, c'est qui manipule les objets, qui a envoyé ce serpent qui m'a mordu? Si l'esprit africain procède aussi à des réductions comme l'européen, celles qui sont importantes pour lui sont celles qui intéressent son relationnisme. Dans celles-ci, il privilégie le symbolisme et le rite et il donne le pas au concret et au vécu. Il veut respecter la diversité et la particularité des sujets lesquels restent les maîtres de la relation. L'esprit africain, finalement dans le domaine religieux et mystique, est plus épris de communion que de contemplation. le dieu se manifeste dans le sujet qu'il a élu et qui entre en transes sous sa motion, et par là il délivre un message aux spectateurs. Dans cet esprit, le mystique vit dans la communion spirituelle. Poser le problème de l'esprit africain entre philosophie et transcendance, c'est faire découvrir les trois dimensions de cet esprit(14). Dans une première partie, nous montrerons que par opposition au monde matériel et à l'animal, l'homme africain se définit par l'esprit, en ce sens qu'il ramène à sa nature d'esprit, comme principe unificateur et dominant, tout ce qui est par ailleurs. En effet, l'esprit africian est ce dynamisme qui va du dispersé à l'unifié, du déchu au redressé, de ce qui est aliéné de soi à ce qui est en lui natif et originel. D'où l'élan de la pensée vers la theria ou la recherche de la vérité de l'existence dans la relation à l'Absolu. Puis dans une seconde partie, l'esprit africain veut se réaliser, c'est-à-dire s'exprimer dans le monde, pour accomplir lui-même et transformer ce monde: c'est la dimension de la décision. Enfin, dans la dernière partie, le sujet humain ne peut se prendre comme norme définitive, car par lui-même, il ne peut s'accmplir lui-même qu'au relatif, à l'imparfait. il faut donc que l'esprit huamin africain se laisse régir par l'Esprit Absolu, le Logos universel, Norme Ultime, l'Un. Cette triple dimension appelle les remarques suivantes: comme nous le voyons, la transcendance ici, part des choses, ce que nous appelons transcendance des choses. Elle aboutit finalement à la transcendance de l'Un. Cette transcendance qui est se recueillir, se convertir à soi, ce aspirer au plus haut que soi, c'est la philosophie. En ce sens, la philosophie est la transcendance même. Mais cette transcendance de l'Un est inatteignable. La philosophie alors qui pense la transcendance, "ne signifie-t-elle pas besoin, manque et nostalgie ou satisfaction, accomplissement ou jouissance?"(15) Ne peut-elle pas penser la transcendance autrement que par le connaître et "dès lors exceller de par cette approche, meilleure que le retour à l'Un et la coïncidence avec l'Unité".(16) Cette^philosophie qui est aussi assignation à responsabilité(17) n'appelle-t-elle pas aussi à une transcendance éthique?
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September 02 The search of Unity in Africa, although we are differentsBrother Peter Ouattara is the author of this article titled, "The search of unity in Africa, although we are differents". In his mind, Love in God is the principal means to accept our neignbour, our enemy indeed. Africans have forgotten this. Isn't why we have many troubles in our countries. Father AKE Patrice Jean |
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